Une exposition gratuite rend hommage à Miss.Tic, pionnière de l’art urbain à Paris

Miss. Tic, Je suis partie pour rester, 2017 - © Atelier Miss. Tic / Galerie Mathgoth

Sur les murs de Paris, on croise de temps à autre ces silhouettes féminines à la chevelure sauvage, toujours accompagnées d’aphorismes provocateurs. On les doit à Radhia Novat, dite Miss.Tic, pionnière française de l’art du pochoir aux côtés de Jérôme Mesnager et Speedy Graphito, qui y questionne la liberté, le pouvoir ou l’érotisme avec une touche humoristique. Jusqu’au 25 octobre 2025, une exposition gratuite de la galerie Mathgoth nous fait entrer dans l’intimité de l’artiste disparue depuis trois ans, à travers une soixantaine de pochoirs, des objets personnels et des vidéos d’archives.

Une entrée intime

Difficile d’être Parisien sans connaître Miss.Tic. Ou du moins, difficile de ne pas avoir aperçu, sur un pan de mur, ses pochoirs d’une silhouette féminine à la longue chevelure noire, toujours accompagnée par un aphorisme joueur et provocateur. Disparue en 2022, la plasticienne et poétesse Radhia Novat, de son vrai nom, affirme d’ailleurs son désir de « rester dans la mémoire de Paris ». C’est chose faite avec cette exposition organisée hors les murs par la galerie Mathgoth et ses beaux-enfants Antoine et Charlotte Novat.

Portrait de Miss. Tic - © Thierry Bouet
Portrait de Miss. Tic – © Thierry Bouet

Si plusieurs expositions ont mis en avant ses pochoirs et poèmes, ce parcours se propose une approche plus intime dans l’oeuvre de l’artiste. En premier lieu, une courte biographie nous en apprend davantage sur le parcours cabossé de Radhia Novat – perte de sa famille dans un accident, handicap mettant fin à son rêve d’être danseuse – mais aussi l’origine de son pseudonyme « Miss.Tic », le personnage d’une sorcière rusée et rivale de Picsou. Non loin de là, la reconstitution d’une partie de son atelier nous immisce aussi dans son univers, introduit par une citation de Fernando Pessoa qui était affichée sur son mur : « J’ai ôté mon masque, je l’ai remis, mais c’est bien mieux comme ça, comme ça sans masque ».

Miss. Tic, Je suis partie pour rester, 2017 - © Atelier Miss. Tic
Miss. Tic, Je suis partie pour rester, 2017 – © Atelier Miss. Tic

Le goût de la liberté

Dans un parcours thématique, l’exposition éclaire différentes thématiques chères à l’artiste. Avec un ton humoristique, elle questionne les rapports entre les hommes et les femmes (« Le masculin l’emporte, mais où ? » ironise-t-elle dans une oeuvre), et affirme le désir féminin au sein d’une société patriarcale. Plusieurs pochoirs, parfois exposés pour la première fois, dévoilent son goût pour l’érotisme, le jeu et la liberté, tout en mettant en lumière sa position libertaire et son rejet d’une autorité politique.

La parole à l’artiste

Au-delà des oeuvres, cette exposition offre une approche intéressante grâce aux vidéos d’archives qui complètent le parcours et donnent voix à l’artiste. On y découvre tantôt une Miss.Tic silencieuse, en train de créer dans son atelier, mais aussi une Miss.Tic amoureuse de Paris et de ses petites gens. Au fil des interviews, l’artiste raconte alors ses débuts au théâtre lors de son séjour aux États-Unis, puis ses premiers pochoirs dans les années 1980 à Paris, ainsi que son rapport à la poésie de la vie et au « dur désir de durer » (Eluard).

Romane Fraysse

Miss.Tic. Je suis partie pour rester
Exposition hors les murs de la galerie Mathgoth
1 rue Alphonse Boudard, 75013 Paris
Du 27 septembre au 25 octobre 2025
Gratuit

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Image à la une : Miss. Tic, Je suis partie pour rester, 2017 – © Atelier Miss. Tic / Galerie Mathgoth

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