
Après dix ans de projets et de travaux, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a bel et bien ouvert ses portes dans l’ancien Louvre des Antiquaires, place du Palais-Royal. Cet édifice haussmannien, repensé par Jean Nouvel, est installé dans un quartier désormais très muséal, aux côtés de la Bourse de commerce et du Louvre. Pour célébrer cette ouverture historique, l’institution privée met en lumière toute la richesse de sa collection en présentant 600 oeuvres jusqu’au 23 août 2026.
L’ouverture d’un monument
C’est sûrement l’ouverture la plus importante de cette année 2025. La Fondation Cartier pour l’art contemporain quitte son palais de verre à Raspail pour s’installer dans l’ancien Louvre des Antiquaires, à deux pas du musée du Louvre. Pour ses quarante ans, cette institution privée créée par la Maison Cartier se transforme radicalement : fini la quiétude du bâtiment isolé dans le 14e arrondissement, place à un espace d’exposition de 6 500 m2, soit cinq fois plus grand que sa précédente adresse.

Un musée signé Jean Nouvel
Aux manettes de ce nouveau lieu, nous retrouvons le bien nommé Jean Nouvel. L’architecte – à qui l’on devait déjà la conception du site Raspail – a bien entendu conservé la façade haussmannienne de cet ancien édifice, vestige des Grands Magasins en vogue au XIXe siècle. L’intérieur a en revanche été entièrement repensé selon trois grandes idées : la transparence avec de grandes vitrines ouvertes sur la rue et trois verrières pouvant être ajustées, le vide avec une nef de 11 mètres de haut au cœur du bâtiment, et le mouvement au moyen de cinq plateformes de 300 tonnes chacune qui pourront être montées ou descendues depuis le sous-sol jusqu’aux verrières. En ce sens, l’espace d’exposition ne sera jamais le même d’un événement à l’autre.

© Jean Nouvel / ADAGP, Paris, 2025. Photo © Martin Argyroglo
Par ailleurs, ce gain considérable d’espace permet à la Fondation Cartier de renouveler son offre. Ainsi, en plus de ses salles d’exposition, elle abrite désormais un auditorium pour des rencontres et projections, une manufacture pour faire de la médiation, une grande librairie, ainsi qu’un restaurant (ouverture prévue en avril 2026). En parallèle, la place du Palais-Royal, sur laquelle se trouve son entrée principale, accueillera de temps à autre des installations.

Lumière sur la collection
Pour cette ouverture historique, la Fondation Cartier a décidé de mettre en lumière sa collection d’art contemporain, qui, dans son entièreté, représente 4 500 oeuvres et 500 artistes. Dès l’entrée, une longue liste de noms annonce les 600 oeuvres sélectionnées à l’occasion de cette première exposition dans ce site : on y trouve notamment des créations de Claude Andujar, Simon Hantaï, Jean-Michel Othoniel, Malick Sibidé, Moebius, David Lynch, Fabrice Hybert ou Annette Messager.

Le choix de célébrer la collection de la Fondation allait bien entendu de soi. Malgré tout, on tend à se perdre dans l’immensité de ce site, en circulant d’un artiste à l’autre sans qu’aucun lien ne soit véritablement établi entre eux. De plus, depuis l’intérieur, on peine à bien saisir les « prouesses » architecturales de l’édifice de Jean Nouvel, et notamment ses plateformes modulables (pour mieux comprendre, une maquette permet de s’en faire une idée d’ensemble, au dernier étage). Attendez-vous donc à découvrir un tout autre musée, et n’ayez pas peur d’être désorienté : c’est ce qui vous attend.

Romane Fraysse
Fondation Cartier pour l’art contemporain
2 place du Palais-Royal, 75001 Paris
Du mardi au dimanche, 11h-20h
Nocturne le mardi jusqu’à 22h
Exposition générale de la collection
Jusqu’au 23 août 2026
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Image à la une : La Fondation Cartier pour l’art contemporain, 2 place du Palais-Royal, Paris. © Jean Nouvel / ADAGP, Paris, 2025. Photo © Martin Argyroglo