
Plus personne ne parle de la « Nouvelle Athènes » pour qualifier ce quartier du 9e arrondissement, qui s’étend tout autour de la place Saint-Georges. Pourtant, c’est dans ces rues aux architectures antiquisantes que se réunissait le cercle des romantiques, et notamment dans la demeure du peintre Ary Scheffer, actuel musée de la Vie romantique. Fermée pour des travaux de restauration, cette petite maison de 1830 a retrouvé son apparence d’origine, avec son jardin, son salon de thé et une scénographie repensée autour de ce mouvement pionnier de l’art moderne.
Retour à l’apparence d’origine
Après dix-sept mois de travaux, le musée de la Vie romantique a rouvert ses portes à une date symbolique : le 14 février 2026, jour de la Saint-Valentin. Et une chose n’a pas échappé aux amoureux de ce monument historique du quartier de la Nouvelle Athènes : la façade a perdu ses volets verts pour retrouver leur teinte brune initiale, tandis que l’enduit beige a été restauré à la chaux selon les techniques du XIXe siècle. C’est en effet en 1830 que cette maison a été construite à la demande du peintre Ary Scheffer (1795-1858), pour y faire sa demeure et son atelier.

En lui redonnant son aspect d’origine, cette rénovation avait pour objectif de célébrer l’un des principaux lieux historiques parisiens du mouvement romantique. Au début du XIXe siècle, la Nouvelle Athènes, quartier du 9e arrondissement, regroupait plusieurs écrivains et artistes de ce cercle, dont George Sand, Frédéric Chopin ou Eugène Delacroix. C’est dans cette maison que le peintre Ary Scheffer rassemblait tout ce beau monde pour échanger sur leurs conceptions de l’art et créer collectivement.
Une nouvelle scénographie en l’honneur du romantisme
L’intérieur de la maison a également été repensé avec une nouvelle scénographie mettant en avant la figure et l’oeuvre d’Ary Scheffer, qui est progressivement tombé dans l’oubli. Pourtant, le peintre a été un important portraitiste de son temps, proche de la famille royale – ce dernier ayant été professeur de dessin des enfants de Louis-Philippe.

En reproduisant les salons du XIXe siècle avec du papier peint et mobilier d’époque, le parcours dévoile les collections permanentes, accessibles gratuitement au public. On y découvre une sélection d’oeuvres de Scheffer, mais aussi des affaires personnelles et des dessins de George Sand, des extraits de musiques romantiques et plusieurs salons autour des grands thèmes du romantisme, que sont la nature, le sentiment, la littérature et le fantastique. Chaque salle est représentée par une couleur dominante, un éclairage, une musique, et complétée par des outils numériques donnant accès à des archives liées au mouvement.

L’hommage au peintre Paul Huet
Au-delà de la maison et de ses collections, le musée a préservé son petit jardin avec le salon de thé, amélioré l’accessibilité du lieu et les espaces dédiés au personnel, tout en ouvrant toujours l’accès aux anciens ateliers d’Ary Scheffer pour les expositions temporaires. À l’occasion de la réouverture du musée, un parcours rend hommage au peintre romantique Paul Huet (1803-1869) jusqu’au 30 août 2026. Peu connu du grand public, cet artiste a côtoyé le cercle de Scheffer et s’est fait connaître pour ses paysages, notamment ses ciels expressifs.

Inspiré par le génial William Turner, Paul Huet s’est concentré sur les ciels pour traduire des états d’âme, thème qui sera ensuite théorisé par Carl Gustav Carus dès 1831. Ainsi, l’exposition a choisi de les mettre en dialogue avec plusieurs paysagistes héritiers et plus célèbres, comme Théodore Rousseau, Camille Corot ou Eugène Boudin. Si Huet est considéré comme un précurseur de l’école de Barbizon, ses paysages ne parviennent pas à saisir avec autant de sensibilité les atmosphères et les nuances d’une nature pleinement vivante.
Romane Fraysse
Musée de la Vie romantique
16 rue Chaptal, 75009 Paris
Du mardi au dimanche, 10h-18h
Collections permanentes gratuites
Exposition sur Paul Huet jusqu’au 30 août 2026
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Image à la une : Le musée de la Vie romantique – © Ville de Paris / Baptiste Gurliat