Au Grand Palais, place à un dialogue dynamique entre Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely

Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, impasse Ronsin, Paris, 1961 Photo © Centre Pompidou, MNAMCCI, Bibliothèque Kandinsky/Fonds Shunk et Kender/Dist. GrandPalaisRmn. Photo ShunkKender © J. Paul Getty Trust, tous droits réservés. Gift of the Roy Lichtenstein Foundation in memory of Harry Shunk and Janos Kender

Entre la radicalité des Tirs de Niki de Saint Phalle et les contretemps des machines de Jean Tinguely, cette exposition nous fait entrer dans une dynamique intense, propre au lien entre les deux artistes. Jusqu’au 4 janvier 2026, le Grand Palais, associé au centre Pompidou, éclaire leurs oeuvres colorées, mouvementées, monumentales à travers le regard de Ponthus Hulten, premier directeur du Musée national d’art moderne et soutien indéfectible du couple.

Un dialogue entre deux artistes

Dès le début de l’exposition, quelques images dévoilent les premières années du couple Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, dans la cité d’artistes qu’ils occupaient à l’impasse Ronsin (15e). On y voit de la complicité, de la tendresse et une volonté déjà forte de collaborer dans leurs arts. Cette dynamique est bien retranscrite au fil de ce parcours qui fait dialoguer les Tirs et les Nanas de Saint Phalle avec les machines de Tinguely qui s’activent de temps à autre dans la salle.

Séance de tir de Niki de Saint Phalle, impasse Ronsin, Paris, 26 juin 1961 À gauche : Jean Tinguely © 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky/Fonds Shunk et Kender/Dist. GrandPalaisRmn. Photo ShunkKender © J. Paul Getty Trust, tous droits réservés. Gift of the Roy Lichtenstein Foundation in memory of Harry Shunk and Janos Kender
Séance de tir de Niki de Saint Phalle, impasse Ronsin, Paris, 26 juin 1961. À gauche : Jean Tinguely © 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris. Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Bibliothèque Kandinsky/Fonds Shunk et Kender/Dist. GrandPalaisRmn. Photo ShunkKender © J. Paul Getty Trust, tous droits réservés. Gift of the Roy Lichtenstein Foundation in memory of Harry Shunk and Janos Kender

On y découvre une grande diversité de créations, laissant percevoir l’évolution de leurs oeuvres personnelles et de leurs collaborations, l’un n’étant jamais loin de l’autre pour lui donner une idée. Certains projets monumentaux, aujourd’hui détruits ou extérieurs, sont présentés à travers des dessins, des lettres et des plans, comme l’immense Hon/Elle ou le Cyclop de Milly-la-Forêt : un éclairage intéressant, qui nous en apprend davantage sur le processus de création, les intentions des artistes et les multiples symboles.

La dynamique Saint Phalle/Tinguely

À travers la puissance des Nanas et la radicalité des Tirs de Saint Phalle, l’ironie de Baluba et la cacophonie de L’Enfer, un petit début de Tinguely, on s’imprègne de l’énergie dégagée par ce dialogue dynamique, à l’image de l’intensité qui liait le couple. Rares sont les oeuvres qui parviennent, dans un musée, à habiter l’espace. Par le travail remarquable de la commissaire Sophie Duplaix, ce long parcours est révélateur de ce qu’est l’acte créateur : un élan de vie.

Jean Tinguely L’Enfer, un petit début, 1984 - © Adagp, Paris, 2025. Photo © Centre Pompidou, MNAMCCI/Jacques Faujour/Dist. GrandPalaisRmn
Jean Tinguely, L’Enfer, un petit début, 1984 – © Adagp, Paris, 2025. Photo © Centre Pompidou, MNAMCCI/Jacques Faujour/Dist. GrandPalaisRmn

Sous le regard de Ponthus Hulten

L’intensité de ce dialogue entre les deux artistes nous fait presque oublier que l’exposition évoque une troisième personne : Ponthus Hulten. De temps à autre, on croise un court métrage, un texte théorique ou un entretien filmé de celui qui fut le premier directeur du Musée national d’art moderne au centre Pompidou dès 1977. Ce dernier a activement soutenu le couple Saint Phalle et Tinguely en favorisant l’acquisition de leurs oeuvres par les institutions et en assurant leur visibilité auprès du grand public. Cela dit, le parcours l’invisibilise souvent et finit presque par le réduire à un nom servant à promouvoir le centre Pompidou.

Niki de Saint Phalle Photo de la Hon repeinte, 1979 - © 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris. Photo Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved/Katrin Baumann © Hans Hammarskiöld/ Hans Hammarskiöld Heritage
Niki de Saint Phalle. Photo de la Hon repeinte, 1979 – © 2025 Niki Charitable Art Foundation / Adagp, Paris. Photo Niki Charitable Art Foundation, All rights reserved/Katrin Baumann © Hans Hammarskiöld/ Hans Hammarskiöld Heritage

Romane Fraysse

Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Ponthus Hulten
Grand Palais (associé au centre Pompidou)
17 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Jusqu’au 4 janvier 2026

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Image à la une : Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, impasse Ronsin, Paris, 1961 Photo – © Centre Pompidou, MNAMCCI, Bibliothèque Kandinsky/Fonds Shunk et Kender/Dist. GrandPalaisRmn. Photo ShunkKender © J. Paul Getty Trust, tous droits réservés. Gift of the Roy Lichtenstein Foundation in memory of Harry Shunk and Janos Kender