
Cet été, le Palais de la Porte Dorée accueille une nouvelle exposition intitulée “Aux origines – Regards croisés sur le racisme et les discriminations”. Elle propose, du 5 juin au 23 août 2026, une plongée documentée au cœur des mécanismes qui façonnent encore les discriminations dans notre société.
Une plongée au cœur des mécanismes du racisme
Dans un contexte où les questions identitaires et les discriminations occupent une place centrale dans le débat public — et pour cause — les chiffres rappellent l’urgence du sujet. En 2025, les services de police et de gendarmerie ont enregistré plus de 16 400 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux sur l’ensemble du territoire français : 9 700 crimes ou délits et 6 700 contraventions. Comme les années précédentes, la majorité des faits recensés concernent des injures, provocations ou diffamations. Plus inquiétant encore : les crimes et délits à caractère raciste ont augmenté de 5 % par rapport à 2024. Face à cette réalité inquiétante, le Palais de la Porte Dorée propose l’exposition “Aux origines – Regards croisés sur le racisme et les discriminations”, une réflexion collective sur nos perceptions, nos automatismes et la manière dont se construisent les préjugés.

Un lieu symbolique pour une exposition essentielle
Depuis sa création, le Musée national de l’histoire de l’immigration s’attache à déconstruire les préjugés liés à l’immigration et à celles et ceux qui en sont issus. Un engagement que prolonge aujourd’hui l’exposition “Aux origines – Regards croisés sur le racisme et les discriminations”, présentée au sein du majestueux Palais de la Porte Dorée. Ce remarquable édifice de style Art déco, construit pour l’Exposition coloniale internationale de 1931, porte en lui une histoire particulièrement symbolique. Il n’est donc pas anodin que le musée de l’histoire de l’immigration y ait trouvé sa place.

À travers le regard d’artistes contemporains, le parcours de cette exposition présentée à partir du 5 juin, explore les mécanismes souvent invisibles de la stigmatisation et de l’exclusion. Car les discriminations naissent parfois d’un détail en apparence insignifiant : un nom, une couleur de peau, une manière de parler ou simplement un regard. Cette “origine”, réelle, supposée ou fantasmée, nourrit encore aujourd’hui des stéréotypes tenaces qui influencent profondément les parcours de vie dès l’enfance. Le parcours se déploie en trois parties complémentaires. La première, Défaire l’ordre du regard, interroge les représentations dominantes et les mécanismes de catégorisation qui façonnent notre perception de l’autre. Les œuvres invitent à prendre conscience des préjugés et des normes implicites afin de sortir du regard dominant et d’envisager d’autres manières de voir et de comprendre les identités.

La deuxième partie, Droits empêchés, met en lumière les conséquences très concrètes des discriminations. À travers des œuvres, des documents d’archives, des témoignages et des données chiffrées, elle révèle les inégalités persistantes dans l’accès à l’emploi, au logement, à l’éducation, à la santé ou encore aux droits fondamentaux. Elle montre comment les discriminations s’inscrivent durablement dans les trajectoires individuelles et dans les structures sociales.

Enfin, L’Assemblée des vivants ouvre des perspectives et des pistes de réflexion pour imaginer d’autres manières d’être au monde. Cette dernière section rassemble des propositions artistiques qui valorisent les solidarités, les résistances et les formes de coexistence fondées sur l’égalité, invitant chacun et chacune à penser une société libérée du racisme et des discriminations.

Un regard artistique sur l’identité et l’exclusion
Pour donner corps à ces réalités, l’exposition s’appuie sur le regard d’artistes contemporains dont les œuvres interrogent les notions d’identité, d’appartenance et de stigmatisation. Photographies, installations, vidéos et créations immersives traduisent ce que les chiffres peinent parfois à exprimer : les humiliations ordinaires, la fatigue psychologique, le sentiment d’exclusion, mais aussi les résistances et les solidarités qui émergent face aux discriminations. En mêlant création artistique et réflexion sociale, “Aux origines” parvient à rendre visible l’invisible et invite chacun à questionner ses propres perceptions.

Dans une société où les débats autour de l’identité et du racisme restent particulièrement sensibles, et où certains discours tentent encore de banaliser ou de relativiser les propos discriminatoires au nom de la liberté d’expression, cette exposition évite les raccourcis et les postures simplistes. Elle ouvre au contraire un espace de dialogue, de réflexion et de compréhension accessible à tous, tout en rappelant une réalité essentielle : en France, le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. Un travail de mémoire et de transmission plus nécessaire que jamais, alors que les discriminations continuent de toucher quotidiennement des milliers de personnes en France.
Aux origines – Regards croisés sur le racisme et les discriminations
Palais de la Porte Dorée, 293 Avenue Daumesnil 75012 Paris
Du 5 juin au 23 août 2026