
Trois figures majeures de l’histoire de la peinture seront mises à l’honneur à Paris à partir du mois de mars. Entre impressionnisme lumineux, parcours artistique hors norme et révolution esthétique, ces expositions consacrées à Renoir, Henri Rousseau et Matisse offrent un passionnant voyage à travers la modernité picturale. Trois rendez-vous culturels qui devraient marquer la saison artistique parisienne.
Renoir et l’amour au musée d’Orsay
Avec Renoir et l’amour. La modernité heureuse (1865-1885), le musée d’Orsay propose une lecture renouvelée des débuts du peintre impressionniste. Coorganisée avec la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston à l’occasion des 150 ans du Bal du moulin de la Galette et des 40 ans du musée, l’exposition réunit une cinquantaine d’œuvres consacrées aux scènes de la vie moderne réalisées entre 1865 et 1885, période durant laquelle Renoir participe pleinement à l’invention d’une nouvelle peinture aux côtés de Monet, Degas ou Morisot.

Souvent perçue comme simplement joyeuse, sa peinture apparaît ici comme profondément moderne. Conversations, bals et moments de convivialité deviennent des affirmations d’un idéal social fondé sur le lien, l’égalité et la tendresse du regard porté sur l’autre. Des prêts exceptionnels venus de grandes collections internationales, dont Le Déjeuner des canotiers ou Les Parapluies, permettent de redécouvrir toute la singularité d’un artiste pour qui la joie constituait déjà un geste artistique audacieux.
Renoir et l’amour. La modernité heureuse
Musée d’Orsay, Paris 7e
Du 17 mars au 19 juillet 2026.
De 10h à 16 tous les jours – de 9h30 à 20h le jeudi.
Henri Rousseau, l’ambition de la peinture au musée de l’Orangerie
Le musée de l’Orangerie consacre une importante exposition monographique à Henri Rousseau, réalisée en collaboration avec la Fondation Barnes de Philadelphie. Réunissant une cinquantaine d’œuvres issues de collections internationales majeures, Henri Rousseau, l’ambition de la peinture revient sur le parcours singulier de cet artiste autodidacte longtemps enfermé dans l’image du « Douanier Rousseau ».

Le parcours retrace son évolution artistique après sa décision, à 49 ans, de quitter son emploi pour se consacrer entièrement à la peinture. Portraits, paysages et grandes compositions témoignent de son ambition réelle de s’imposer sur la scène artistique parisienne. Analyses scientifiques, dispositifs numériques et prêts exceptionnels, dont La Bohémienne endormie du MoMA de New York, permettent d’explorer au plus près sa technique et son processus créatif.
Henri Rousseau, l’ambition de la peinture
Musée de l’Orangerie, Paris 1er.
Du 25 mars au 20 juillet 2026.
Du lundi au dimanche, de 9h à 18h.
Fermé le mardi.
Matisse, 1941-1954 au Grand Palais
Présentée au Grand Palais, l’exposition Matisse, 1941-1954 met en lumière les dernières années de création du peintre, une période marquée par une liberté artistique remarquable. À près de 80 ans, Matisse invente un nouveau langage fondé sur les gouaches découpées, transformant le papier et la couleur en un moyen d’expression totalement inédit.

Plus de 300 œuvres, peintures, dessins, livres illustrés, textiles et découpages retracent cette phase d’intense expérimentation. Le parcours restitue l’atmosphère de son atelier en constante métamorphose et réunit des ensembles majeurs comme l’album Jazz, les Intérieurs de Vence, les projets de la Chapelle de Vence ou encore les célèbres Nus bleus. Une immersion lumineuse dans l’ultime période créative d’un artiste qui n’a jamais cessé de réinventer son art.
Trois peintres, trois visions du monde et autant de façons de regarder la modernité autrement. De quoi traverser Paris au rythme des chefs-d’œuvre et redécouvrir, salle après salle, toute la richesse de la peinture.
Matisse, 1941-1954
Grand Palais, Paris 8e
Du 24 mars au 26 juillet 2026.
Du mardi au dimanche de 10h à 19h30.
Nocturne le vendredi jusqu’à 22h.
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Image en Une : Le Moulin de la Galette de Renoir
Mélina Hoffmann