
C’est l’un des événements photo les plus marquants de ce début d’année : Paris rend un hommage vibrant à Sebastião Salgado, immense figure de la photographie humaniste, disparu en mai 2025. Et bonne nouvelle : cette exposition exceptionnelle est entièrement gratuite.
Sebastião Salgado, un regard puissant sur l’humanité
Il était de ces photographes dont le seul nom suffit à attirer les foules. Sebastião Salgado, disparu à 81 ans, laisse derrière lui un héritage visuel d’une puissance rare. Franco-brésilien et éternel globe-trotter, membre de l’Académie des Beaux-Arts, il a su capturer la fragilité de la planète et la beauté de ses trésors, tout en témoignant sans concession des tragédies humaines : guerres, exodes, famines. Ses images d’orpailleurs brésiliens, recouverts de boue dans les mines d’or, évoquent des fourmilières humaines où l’on croit apercevoir la tour de Babel ou les pyramides en construction. Le président brésilien Lula l’avait décrit comme « un chasseur de lumière dans un monde de ténèbres ». Pourtant, Salgado lui-même n’a pas fui les ténèbres : bouleversé par la couverture du génocide des Tutsis au Rwanda, il avait temporairement abandonné la photographie, confiant que l’ampleur de la violence humaine lui avait fait « honte d’être un être humain ». Ses images continuent de rappeler à quel point son regard était à la fois engagé, tendre et profondément humain.

Une exposition gratuite pour (re)découvrir son oeuvre
Direction l’Hôtel de Ville de Paris, où la Salle Saint-Jean se transforme en ce début d’année pour accueillir près de 200 photographies. Des images puissantes, la plupart en noir et blanc, qui ont marqué l’histoire de la photographie contemporaine. Des mines d’or du Brésil aux paysages grandioses de l’Amazonie, en passant par les zones de conflit ou les terres arides du Sahel, chaque cliché raconte une histoire. Celle de l’humanité, dans toute sa beauté comme dans sa brutalité. Parmi les images les plus marquantes, ce cliché saisissant pris lors des incendies de puits de pétrole au Koweït en 1991, où un pompier lutte contre les flammes dans un décor apocalyptique.

Un photographe engagé, entre humanisme et écologie
Pensée par son épouse Lélia Wanick Salgado, l’exposition ne se contente pas de retracer une carrière. Elle dévoile aussi l’homme derrière l’objectif : père, militant, écologiste. On y découvre notamment son engagement pour la planète, avec la création de Instituto Terra, projet colossal de reforestation au Brésil. Une initiative devenue aujourd’hui un modèle mondial. Installé dans la capitale depuis 1969, après avoir fui la dictature brésilienne, Salgado entretenait un lien intime avec Paris. L’exposition révèle d’ailleurs une série inédite consacrée à la ville, capturée au fil des saisons durant les derniers mois de sa vie. Un regard tendre et mélancolique sur celle qui fut son refuge pendant plus de 50 ans. Le parcours se conclut sur une note inattendue et profondément touchante : les œuvres de Rodrigo Salgado, fils du photographe. Né avec la trisomie 21, il livre une peinture sensible et colorée, comme un écho lumineux à l’univers paternel.

Une plongée émouvante dans l’univers de Sebastião Salgado, entre humanisme, écologie et beauté du monde, à ne pas manquer pour tous les amoureux de photographie.
Je réserve mon créneau pour l’exposition-hommage Sebastião Salgado
Hôtel de Ville de Paris, 3 rue de Lobau, 75004 Paris
Du 21 février au 30 mai 2026
Entrée gratuite sur réservation uniquement
Photo de couverture : ©Sebastiao Salgado