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L’exposition consacrée à Toulouse Lautrec, qui se tient jusqu’au 27 janvier au Grand Palais, nous a donné envie de revenir sur la vie et l’œuvre de cet artiste. Peintre, lithographe et affichiste de la Belle Époque ces oeuvres romancent une aire d’effervescence artistique, passage entre l’impressionnisme et l’avant-garde.

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Maurice Guibert, Mr. Toulouse peint Mr. Lautrec, photomontage vers 1891

Henri de Toulouse-Lautrec (1864–1901), nait dans une famille aux origines nobles. Très tôt, il décide de quitter sa province natale pour Paris au moment de la Belle Époque, entre les prémices de l‘Art Nouveau et les explorations picturales du peintre Edgar Degas. En fidèle admirateur de ce dernier, Toulouse-Lautrec prend pour motif la vie bohème et ses coulisses, à la différence que lorsque Degas peint les petit-rats de l’Opéra de Paris, le jeune peintre post-impressionniste lui s’intéresse à l’intimité des maisons closes et des cabarets.

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Henri de Toulouse-Lautrec, La Toilette, 1896

La vie de Montmartre et de Pigalle est l’épicentre de l’ivresse et des excès de la Belle Époque. Autant on vient se montrer chez Maxim’s au bras d’une Grande Horizontale comme la Païva ou la Belle Otero, autant on se rend au Moulin Rouge s’encanailler auprès de la Goulue et des prostituées avec lesquelles on s’euphorise à coup de liqueur d’absinthe.

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Henri de Toulouse-Lautrec, Au Moulin-Rouge, 1892

C’est cette Bohème mélancolique et décadente, captive des effluves d’opium, que capture Toulouse-Lautrec sur ses toiles. Il est un client assidu des cabarets et cafés-concerts dont il fait la promotion en intégrant le cercle restreint du métier d’affichiste en plein essor. Il illustre notamment la réouverture du Divan Japonais dont l’expression artistique s’inscrit dans le mouvement du Japonisme : la stylisation des formes, le décentrement du sujet principal, les aplats de couleurs et l’utilisation du noir, la technique de la lithographie, clin d’œil à l’estampe japonaise. 

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Henri de Toulouse-Lautrec, Le Divan Japonais, 1892

Toulouse-Lautrec montre une vision brute de l’électricité parisienne pendant la Belle Époque qu’il dénude jusqu’à faire apparaitre les plus viles cicatrices. Les prostituées sont un motif cher à l’artiste, qu’il couche sur la toile et explore sous toutes ses facettes. ll représente des scènes lascives et suggestives, où les femmes en déshabillé attendent l’arrivée des clients indifférentes aux regards du spectateur qui se fait voyeur…

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Henri de Toulouse-Lautrec, Au Salon de la rue des Moulins, 1894-1895

Henri de Toulouse-Lautrec meurt à l’âge de 36 ans d’une syphilis contractée auprès des prostituées. Il est le symbole d’une modernité extreme et singulière qui pose un regard lucide et ironique sur le Paris des années 1890.

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