
Quand on pense au Louvre, on imagine la Joconde, des kilomètres de galeries et des touristes en apnée devant la Vénus de Milo. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est qu’en dessous du plus célèbre musée du monde se cache… un théâtre. Oui, oui. Et pas n’importe lequel : Zigzag vous dit tout.
Un théâtre sous le musée le plus visité du monde
Direction le Carrousel du Louvre, à deux pas de la pyramide inversée : c’est là que se niche le Studio-Théâtre, la troisième salle de la Comédie-Française, un lieu discret, presque secret, inauguré en 1996, qui accueille depuis près de trente ans des formes théâtrales aussi audacieuses qu’intimistes. Avec ses 136 places seulement, on est loin des grandes salles impressionnantes : ici, tout est pensé pour la proximité, entre les comédiens et le public, mais aussi entre les œuvres et l’expérimentation. À l’origine de ce projet un peu fou, Jean-Pierre Miquel, alors administrateur général de la Comédie-Française, qui, profitant de l’aménagement du Carrousel du Louvre, imagine un espace à part, véritable laboratoire de création théâtrale, propice aux tentatives, aux formats courts et aux propositions plus libres ; le nom même du Studio-Théâtre est d’ailleurs un clin d’œil au premier Studio du Théâtre d’Art de Moscou, voulu par Stanislavski en 1912, autant vous dire : tout un programme.
Une programmation unique
Au Studio-Théâtre, la programmation est courte… mais dense : pas de spectacles fleuves ici, mais des formats resserrés proposés du mercredi au dimanche à 18h30, un horaire idéal pour attirer un public curieux, pressé ou simplement désireux de vivre une expérience théâtrale différente. L’un des atouts du lieu est d’ailleurs cette souplesse qui permet d’enchaîner facilement avec une autre représentation à 20h30, par exemple à la Salle Richelieu de la Comédie-Française. Actuellement s’y joue Bestioles, adaptation de la pièce australienne Truck Stop de Lachlan Philpott, une œuvre sur l’adolescence où deux jeunes filles, Bee et Ellie, se prennent au jeu du « cap ou pas cap » jusqu’à l’excès. Et c’est ça, le Studio-Théâtre : des pièces contemporaines, parfois présentées pour la première fois en France, des formats courts de grands classiques en guise de levers de rideau, des seuls-en-scène, des cabarets, des spectacles jeune public, mais aussi des rencontres et des lectures publiques : autant de propositions qui font de cet espace un véritable terrain de jeu pour les artistes comme pour les spectateurs.

Un secret bien gardé à (re)découvrir
Depuis son ouverture en 1996, inaugurée avec La Demoiselle de la poste d’Ewa Pokas, mise en scène par Catherine Hiegel : le Studio-Théâtre enchaîne les premières fois et les jalons marquants. En 2007 naît le premier cabaret musical avec Le Cabaret des mers ; en 2008 est lancé le Bureau des lecteurs, dédié aux auteurs contemporains ; en 2009 voit le jour le premier spectacle « tout public » avec Le Loup de Marcel Aymé ; en 2016 s’ouvrent les Singulis, série de seuls-en-scène inaugurée par Denis Podalydès. Autant d’étapes qui ont façonné l’identité singulière de ce lieu à part dans le paysage culturel parisien. La prochaine fois que vous passerez par le Louvre, pensez-y : sous vos pieds, entre deux chefs-d’œuvre, se joue peut-être une pièce intimiste, un texte contemporain ou un cabaret inattendu. Preuve qu’à Paris, même les monuments les plus célèbres cachent encore des pépites insoupçonnées.
Studio-Théâtre de la Comédie-Française
Galerie du Carrousel du Louvre – Place de la Pyramide inversée
99 rue de Rivoli, 75001 Paris