Hyperréalisme, illusion, simulation… Cette exposition gratuite explore le monde des simulacres

À l’époque de la post-vérité, à quoi peut-on encore se fier ? Existe-t-il encore des certitudes ? À travers une sélection de photographies, vidéos, sculptures ou installations, l’exposition « Simulacres » des Magasins généraux questionne la frontière entre le vrai et le faux. Jusqu’au 27 septembre 2026, une vingtaine d’artistes internationaux questionnent notre réalité à travers l’hyperréalisme, l’illusion d’optique, le deepfake ou l’IA générative.

L’ère du simulacre

La nouvelle exposition des Magasins généraux s’intéresse à un sujet qui semble très actuel : le simulacre. Certes, les artistes ont joué de tout temps avec les illusions, trucages ou imitations, mais le XXIe siècle apporte de nouveaux champs d’expérimentation avec l’arrivée des IA génératives, deepfakes, images retouchées ou montages trompeurs. Pour nous mettre en garde sur la confiance que l’on porte aux images, une vingtaine d’artistes internationaux présentent une sélection de dessins, peintures, sculptures, photographies, vidéos ou installations.

Ivan Navarro © Martin Argyroglo / Adagp 2026

Hyperréalisme, illusion, simulation

Les commissaires de l’exposition Anna Labouze et Keimis Henni annoncent un parcours mû par le doute, l’incertitude et l’instabilité reflétant l’ère de la post-vérité. Construite en trois temps, l’exposition évoque le simulacre à travers l’hyperréalisme, l’illusion et la simulation. Ainsi, l’Américain Tony Matelli joue avec l’étrangeté en présentant la sculpture d’un homme plus vrai que nature, de taille humaine… à cela près que sa tête est inversée vers le bas.

Holly Herndon & Mat Dryhurst, I’M HERE, 2023

Plus loin, le Chilien Iván Navarro défie notre perception de l’espace avec ses installations de néons semblant décuplés à l’infini par les miroirs. Mais au-delà de l’hyperréalisme et des illusions d’optique que nous connaissons bien, le troisième espace s’intéresse à des techniques plus contemporaines, dont les images générées par intelligence artificielle, véritable enjeu de notre époque. C’est le cas de la Salvadorienne Mayara Ferrão qui interroge l’imaginaire colonial en créant de nouvelles images, tandis que Bill Posters utilise les deepfakes pour mettre en scène des personnalités publiques en inventant leur discours.

Laura Bottereau & Marine Fiquet © Martin Argyroglo / Adagp 2026

Un parcours dispersé

En présentant une diversité d’oeuvres et d’artistes, les commissaires souhaitent nous avertir sur les « simulacres » de notre monde contemporain. Autrement dit, ne pas nous fier aux apparences souvent trompeuses. Un discours qui n’est pas nouveau et qui, à l’ère des réseaux sociaux, est d’autant plus nécessaire à rappeler… à condition de l’aborder dans toute sa complexité. C’est sûrement l’inconvénient de cette exposition qui a tendance à se disperser à travers une multitude d’oeuvres sans véritablement apporter de clé de réflexions sur l’un des enjeux de notre siècle profondément instable.

Mayara Ferrão, Who prays to the dark ocean, 2025 © Mayara Ferrão

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Image à la une : Tony Matelli, Arrangement, 2022 © Tony Matelli – Courtesy Andréhn-Schiptjenko Stockholm-Paris

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