Cette station de métro parisienne est devenue un bunker pendant la Seconde Guerre mondiale

Sous le bitume du 19e arrondissement de Paris, la station de métro Place des Fêtes a une histoire un peu particulière. Cet arrêt qui dessert les lignes 7 bis et 11 est parfois surnommé la « station-bunker« … Et pour cause ! Elle a été transformée pendant la Seconde Guerre mondiale en un abri de défense contre les bombardements.

Une station profonde…

Inaugurée le 18 janvier 1911, la station Place des Fêtes desservait à l’origine la ligne 7 avant de joindre la 7 bis. Située sous la place du même nom, elle s’inscrit dans l’urbanisation rapide qui a touché le nord-est de Paris au début du XXe siècle. Quelques années plus tard, en 1935, elle est reliée à la toute nouvelle ligne 11, permettant de rejoindre la Rive gauche.

Construction de la station Place des Fêtes. DR

Dès son ouverture, la station présente un avantage particulier : elle est située à plus de 27 mètres sous la surface du sol et dotée de vastes espaces souterrains, ce qui l’isole parfaitement du monde extérieur. Des particularités qui ne sont pas oubliées lorsque la guerre éclate en 1939 : alors que des bombardements menacent la capitale, les autorités françaises cherchent des lieux capables d’abriter un grand nombre de Parisiens. La station Place des Fêtes est alors désignée comme un important bunker du nord de la ville.

Devenue un refuge contre les bombes

Au moment de l’Occupation de Paris en juin 1940, plusieurs stations du métro sont ainsi aménagées pour accueillir la population en cas d’alerte aérienne. Place des Fêtes est alors transformée à cet effet avec l’installation de bancs, l’amélioration de la ventilation, des réserves d’eau, l’éclairage de secours, des sanitaires et l’organisation des espaces pour accueillir des centaines de personnes lorsqu’une alarme est déclenchée. Les tunnels à proximité sont également munis de portes étanches à l’air, toujours visibles de nos jours.

Porte étanche en tunnel créée dans le cadre de la défense passive, 1939 © RATP

Dès 1943, les attaques se renforcent. Les bombardements visent les infrastructures ferroviaires, les usines et les dépôts de carburant situés tout autour de Paris, en plus des attaques chimiques. Les habitants du quartier ont alors pour habitude de rejoindre la station, où ils attendent parfois plusieurs heures. Au fil des mois, il n’est pas rare d’entendre les riverains surnommer la station Place des Fêtes d’une expression plus adéquate : la « station-bunker« .

Une station rénovée

Aujourd’hui, les voyageurs qui empruntent la station Place des Fêtes sont loin de se douter de cette histoire, les installations de défense passive ayant été majoritairement retirées après la guerre. Depuis, son allure a aussi bien changé, puisque ses couloirs ont été rénovés dans le style décoratif Andreu-Motte entre 1974 et 1984, caractérisé par sa couleur orange dialoguant avec les faïences biseautées d’origine.

La station Place des Fêtes. DR

Puis, dès 1988, c’est le style Ouï-dire qui est appliqué à la station, avec son vert foncé sur les murs. Un nouveau chantier qui entraîne malheureusement la disparition des faïences biseautées d’origine dans le style d’entre-deux-guerres. Toutefois, un vestige du bunker reste à découvrir ! Entre les points d’arrêt des lignes 7bis et 11 se trouve une ancienne chambre de filtrage, désormais transformée en locaux techniques.

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