
L’idée parait farfelue de nos jours… Mais au XXe siècle, les voyageurs du métro ou du RER parisien pouvaient choisir entre une première et une deuxième classe. Espaces plus importants, banquettes confortables et fréquentation moindre justifiaient de payer un tarif différent. Mais dès les années 1980, ces voitures ont progressivement disparu…
Un héritage du chemin de fer
Cela peut sembler surprenant aujourd’hui, mais le métro parisien a longtemps proposé deux classes de voyage. Dès l’ouverture du réseau en 1900, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) s’inspire directement du modèle des trains en proposant entre la première et la deuxième classe, moyennant un tarif différent. Les voitures de première classe sont facilement reconnaissables grâce à leurs marquages jaunes et sont généralement situées aux extrémités des rames. Elles offrent davantage de confort, avec des banquettes plus agréables, des espaces plus vastes et une fréquentation plus limitée.

Si le supplément demandé pour voyager en première classe reste relativement modeste, il constitue un véritable privilège pour les usagers quotidiens. Des contrôleurs vérifient régulièrement les titres de transport, de sorte à faire payer une amende aux voyageurs installés en première avec un billet de deuxième classe. Pendant des décennies, cette distinction faisait partie du paysage du métro parisien, au même titre que les poinçonneurs aujourd’hui disparus…
Le RER s’y met
Lorsque le RER est créé à partir de 1977, le principe de la première classe est conservé sur plusieurs lignes. Les premières rames du RER A et du RER B connaissent également cette organisation avec des voitures de première classe qui sont identifiées au moyen de bandes jaunes et d’une signalétique spécifique.

Néanmoins, les différences restent limitées. Les voyageurs empruntent les mêmes quais, les trains circulent à la même vitesse et les services sont identiques. Ainsi, avec la hausse de la fréquentation du métro et du RER dès les années 1980, ces espaces réservés sont considérés comme superflus et réduisent le nombre d’assises au tarif le plus bas. Bien souvent, les voitures de deuxième classe sont d’ailleurs bondées tandis que les compartiments de première restent relativement vides, ce qui conduit à leur abandon progressif dans les transports en commun.
La disparition de la première classe
La première classe disparaît définitivement le 1er août 1991 sur le métro parisien, mettant fin à plus de 90 ans de transport avec les deux classes. Les anciennes voitures sont alors reclassées en classe unique, ce qui permet d’augmenter immédiatement la capacité d’accueil et de simplifier les conditions de voyage.
Le RER évolue également en ce sens. La première classe disparaît progressivement avant d’être définitivement supprimée sur le RER A en 1999, tandis que les autres lignes abandonnent elles aussi cette distinction. Aujourd’hui, on est bien loin de se douter que les classes existaient autrefois au même titre que dans les trains !
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Image à la une : Wagon de métro de première classe. Paris, 1945 © LAPI/Roger-Viollet