
Cachée derrière l’hôtel de Ville, sur la discrète place Saint-Gervais, l’église Saint-Gervais-Saint-Protais peut presque passer inaperçue. Bâtie dès le XVe siècle, elle est pourtant l’une des plus anciennes de la capitale, et abrite 50 objets classés au titre des monuments historiques. Et parmi ses vitraux anciens, des créations contemporaines apportent des formes et des couleurs inattendues.
Une église du vieux Paris
L’histoire de Saint-Gervais-Saint-Protais ne remonte pas à 1494, année du début de sa construction, mais bien avant. En effet, un premier lieu de culte aurait été établi entre les IVe et VIe siècles sur le monceau Saint-Gervais, un territoire en relief qui était alors protégé des risques de crue. Dès la fin du VIe siècle, plusieurs écrits mentionnent l’édifice qui devient, dès le Moyen Âge, la paroisse est de plus en plus fréquentée en raison de sa proximité avec la Seine.

L’édifice actuel date, quant à lui, du gothique flamboyant. Le chœur est achevé vers 1540, le transept en 1578, puis la nef et les collatéraux sont construits au début du XVIIᵉ siècle. Cette lente construction explique en grande partie l’étonnant visage de Saint-Gervais : l’architecture gothique de son corps contraste avec sa façade occidentale, réalisée à partir de 1616 et achevée au début des années 1620, qui adopte le vocabulaire classique des ordres antiques.
Entre gothique flamboyant et classique
L’imposante façade de l’église, attribuée aux architectes Salomon de Brosse et Clément Métezeau, apporte un classicisme qui contraste avec la nef gothique. Le clocher, finalement surélevé et achevé en 1657, complète cet édifice devenu l’un des repères du paysage du Marais.

À l’intérieur, ce caractère hétéroclite apparaît aussi dans le dialogue entre les voûtes, les chapelles, les œuvres peintes et les vitraux. L’église est notamment remarquable pour sa cinquantaine d’objets classés, dont des œuvres de grands artistes des XVIIe et XVIIIe siècles, dont Charles Le Brun ou Claude Vignon. Protégée au titre des monuments historiques, elle a été restaurée sous la direction de Victor Baltard au XIXe siècle, puis au XXe siècle.
Des vitraux contemporains
À l’intérieur de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, le plus surprenant reste sûrement les vitraux contemporains, qui côtoient ceux datant de la fin du XVe siècle. Parmi les scènes anciennes, représentant notamment des épisodes de la vie de Marie-Madeleine ou de la Passion du Christ, des vitraux colorés furent remplacés par du verre blanc pour rendre l’espace plus lumineux.

Et au fil de votre déambulation, vous tomberez soudain sur des verrières étonnantes, rythmées de couleurs vives et de formes géométriques… Ces créations sont de Sylvie Gaudin, qui a reçu une commande des Fraternités monastiques de Jérusalem. Réalisé entre 1990 et 1993, le cycle évoque plusieurs épisodes de la vie du Christ : La Nativité, Le Baptême du Christ, La Crucifixion, La Résurrection ou encore La Pentecôte. Des vitraux plus récents de Claude Courageux les ont rejoints pour illustrer plusieurs autres scènes inspirées de l’Ancien Testament.
Église Saint-Gervais-Saint-Protais
13 rue des Barres, 75004 Paris
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Image à la une : © Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris