
En près d’un siècle, la région parisienne a vu l’apparition de 300 églises et paroisses. Conçus dans le cadre des Chantiers du Cardinal, ces nouveaux édifices ont été construits dans le but d’amener le « Christ dans la banlieue », tandis que de nombreux monuments ont pu être rénovés.
Convertir les banlieues parisiennes
Après le vote de la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905, les nouveaux chantiers d’édifices religieux ne sont plus financés par l’État, mais reposent principalement sur le diocèse, les paroisses, les dons des fidèles, les legs ou des emprunts. Dans ce contexte, plusieurs hommes d’Église questionnent la place de la religion dans certaines régions de France : c’est notamment le cas du prêtre jésuite Pierre Lhande, qui alerte dans son ouvrage Le Christ dans la banlieue sur l’absence d’édifice religieux dans les banlieues parisiennes.
Convaincu de la nécessité de développer l’enseignement et les lieux de recueillement chrétiens, celui-ci impulse la construction de 52 chapelles ou églises entre les années 1925 et 1930 dans les régions entourant la capitale. À la suite, le prêtre Jean Verdier, devenu archevêque de Paris et cardinal, poursuit ce projet pharaonique en promouvant la construction et la rénovation de centaines d’édifices afin de « donner à ce peuple des églises et du pain » (L’architecture, « Les Chantiers du Cardinal »).
La création de 300 églises
En fondant l’association L’Œuvre des Chantiers du Cardinal en 1931, le cardinal Verdier soutient le projet de développer le réseau spirituel au sein de la banlieue parisienne. Progressivement, ses successeurs poursuivent le projet dans des régions à forte croissante démographique, où les baraquements vétustes laissent place à de grands ensembles d’habitation.

Ainsi, dans ces communes qui s’urbanisent, plus de 300 églises et bâtiments paroissiaux ont été construits en près de 90 ans dans le cadre des Chantiers du Cardinal. Cette initiative s’étend désormais sur 8 diocèses d’Île-de-France et est dirigée par Jean-Pierre Gaspard, ancien directeur du Téléthon, qui agit sous la gouvernance de la dizaine d’évêques. Au-delà des constructions, cette oeuvre a aussi pour vocation de rénover et réhabiliter le patrimoine religieux de la région.
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Des sites classés
Parmi les églises financées par les Chantiers du Cardinal, certaines sont protégées au titre des Monuments historiques ou ont reçu le label « Patrimoine du XXe siècle ». Parmi les édifices classés, on compte l’église Notre-Dame-des-Missions (Épinay-sur-Seine) avec sa forme de pagode, l’église Sainte-Agnès (Maisons-Alfort) avec son immense clocher reprenant la forme d’une bouteille de Suze, et l’église du Saint-Esprit (Paris) dont l’architecture s’inspire de l’église Sainte-Sophie à Constantinople.

Si les édifices ont des physionomies bien différentes, on retrouve toutefois quelques architectes français qui ont œuvré sur des dizaines de chantiers et marqué la vie du projet. Parmi eux : Julien Barbier (1869-1940), Paul Tournon (1881-1964), Charles Venner (1890-1981), Henri Vidal (1895-1955) ou Paul Rouvière (1906-1939). Pour retrouver la carte des édifices de la région parisienne, il suffit de faire un tour sur le site de l’association Chantiers du Cardinal !
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Image à la une : Église Sainte-Agnès. DR