Les cabarets les plus fous de l’Histoire de Paris

Cabaret enfer ciel

Avez-vous déjà entendu parler de l’Enfer et du Ciel ? Non, on ne parle pas d’un concept religieux, mais de deux cabarets voisins établis dans les rues de Paris à la fin du 19e siècle ! On vous fait découvrir ces lieux complètement fous.

Le Cabaret de l’Enfer

C’est au numéro 53 du boulevard de Clichy que se trouvait le premier de ces deux cabarets, le cabaret de l’Enfer. Créé à la fin du 19e siècle, à une époque où les Parisiens se ruent au Moulin Rouge ou au théâtre sanglant du Grand-Guignol, ce nouveau venu ne passe alors pas inaperçu : sur la portière de l’entrée est sculptée une tête de diable aux yeux exorbités !

Le ton est ainsi donné dès la façade. Ici, c’est une ambiance satanique qui attend celui qui osera passer le seuil de l’établissement. Et pour cause, l’Enfer est l’un des premiers restaurants à thème du monde ! C’est par la formule “Entrez et soyez damnés” que le portier de cette demeure accueille les clients… Et les serveurs ne se contentent pas de prendre notre commande : ils la prennent habillés comme des diables et hurlent aux cuistots “Trois cafés bouillants avec une pincée de soufre pour la table 666” !

Paris XVIIIème arr., Montmartre. L'intérieur du cabaret L'Enfer, jumeau de celui du Ciel, 53, boulevard de Clichy. 1904.

Paris XVIIIème arr., Montmartre. L’intérieur du cabaret L’Enfer, jumeau de celui du Ciel, 53, boulevard de Clichy. 1904. © Roger-Viollet

Si l’architecture extérieure (mais aussi intérieure) de ce premier cabaret est complètement dingue et donne l’impression d’entrer dans une maison hantée, le plus surprenant reste le contraste avec la façade de l’immeuble voisin. Collé à l’Enfer, avait été construit un autre cabaret aux apparences beaucoup moins diaboliques… Le cabaret du Ciel !

Paris XVIIIème arr., Montmartre. Les cabarets jumeaux Le Ciel et L'Enfer, 53, boulevard de Clichy.

Paris XVIIIème arr., Montmartre. Les cabarets jumeaux Le Ciel et L’Enfer, 53, boulevard de Clichy. © Roger-Viollet

Le Cabaret angélique

De ce côté là, c’est ambiance céleste garantie. Une fois la porte (décorée de jolis petits angelots !) franchie, le candidat au Ciel entre dans une grande salle gothique où il est guidé par les sons divins d’un orgue. Des chérubins vêtus de tuniques blanches l’invitent, en remuant leurs ailes, à s’installer dans la grande salle du banquet céleste. On lui tend alors un calice, “la coupe sacrée” pouvant contenir selon son choix, de la bière, du sirop ou des cerises à l’eau de vie.

Au plafond, des anges apparaissent, des éclairs zèbrent la nuit et des étoiles scintillent pour donner l’illusion d’un au-delà lumineux et féérique. Et quand Saint-Pierre indique la sortie, le visiteur quitte le Ciel, avec un léger regret de ne pas pouvoir rester plus longtemps… Cela n’empêche pourtant personne de se diriger illico vers l’Enfer voisin !

Paris XVIIIème arr., Montmartre. L'intérieur du cabaret Le Ciel, jumeau de celui de L'Enfer, 53, boulevard de Clichy. 1904.

Paris XVIIIème arr., Montmartre. L’intérieur du cabaret Le Ciel, jumeau de celui de L’Enfer, 53, boulevard de Clichy. 1904. © Roger-Viollet

Jugés comme des lieux de débauche et de provocation tournant la religion en dérision, ces cabarets mythiques ont définitivement fermé leurs portes en 1950 et été remplacés par un Monoprix

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