Petite géographie des maisons closes parisiennes

21 septembre 2017

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Ce n’est pas pour rien que les historiens nommeront « Belle époque » la période d’insouciance et de festivités qui s’étend de la fin du XIXe siècle au début de la Première Guerre mondiale en France… Paris est alors la capitale des plaisirs que le monde nous envie, comme le résumera très justement le libertin Léopold II – roi des Belges – répondant à la question de son médecin « Où avez-vous mal, majesté ? » par un fameux « Partout… sauf à Paris ». Paris ZigZag vous propose de revenir sur les adresses des plus célèbres bordels qui ont marqué la ville :

Le Chabanais (12 rue Chabanais, Paris 2e)

Surnommé « The House of all Nations », cet établissement était mondialement connu pour l’exotisme de ses décors (chambres russes, hindoues, japonaises, mauresques…) et la célébrité de ses clients. Le prince de Galles Edouard VII y laissera une somptueuse baignoire à champagne en cuivre et un étonnant « fauteuil d’amour » à trois places !

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© Galerie Au Bonheur du Jour

Aux Belles Poules (32 rue Blondel, Paris 2e)

Connue pour ses magnifiques mosaïques, cette maison était particulièrement appréciée pour ses « tableaux vivants ». Touristes et Parisiens venaient admirer des pièces créatives comme L’épouse se réveille, Les officiers de marine en goguette ou encore La nonne affolée. À l’intérieur, les céramiques représentant des thèmes érotiques subsistent encore… Et le lieu est en train d’être rénové pour être rouvert au public en tant que lieu d’événements !

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Chez Alys (15 rue Saint-Sulpice, Paris 6e)

À proximité immédiate de l’église Saint-Sulpice, cette maison de rendez-vous était fréquentée par une majorité d’ecclésiastiques… Ces derniers pouvaient alors être reçus par des nonnes dominatrices et se faire corriger pour leurs pensées coquines. Les mosaïques de l’entrée, au nom de la tenancière, sont toujours visibles aujourd’hui.

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Hôtel Marigny (11 rue de l’Arcade, Paris 8e)

L’un des rares établissements à accueillir les hommes homosexuels, qui pouvaient choisir leurs partenaires à travers un miroir sans tain. Le lieu était fréquenté notamment par Marcel Proust, qui fut d’ailleurs fiché par la police à ce propos !

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© Collection Raimondo Biffi

Chez Christiane (9 rue Navarin, Paris 9e)

Cette maison de méthode dite « anglaise », c’est-à-dire spécialisée dans le sadomasochisme, est encore aujourd’hui reconnaissable par sa façade néo-gothique… Elle reproduisait le décor d’un château médiéval avec salles de tortures, chaînes, colliers de fer et même gibets !

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Le One Two Two (122 rue de Provence, Paris 9e)

Installé dans l’ancien hôtel particulier du prince Murat (apparenté aux Bonaparte), sa chambre la plus célèbre était sans doute la cabine de wagon-lit, qui proposait des bruitages et même l’irruption d’un faux contrôleur ! On pouvait y croiser Sacha Guitry, Jean Gabin, Charlie Chaplin ou encore Edith Piaf.

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Le Sphinx (31 bd Edgar Quinet, Paris 14e)

Rendu célèbre par sa splendide décoration néo-égyptienne et son bar art-déco, ce fut aussi le premier établissement à accueillir officiellement les couples. La devise de sa tenancière – Marthe – résume parfaitement l’état d’esprit des lieux : « Tout voir, tout entendre et ne rien dire »… Tout un programme !

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