
Inaugurée le 15 juillet 1926, la Grande Mosquée de Paris a été fondée à l’initiative de la Société des Habous pour rendre hommage aux soldats musulmans et renforcer l’union entre la France et la communauté musulmane. Bientôt centenaire, ce monument du 5e arrondissement est à la fois un lieu de culte et de culture ouvert au public durant toute l’année.
Un hommage aux soldats musulmans morts pour la France
Lors de la Première Guerre mondiale, plus de 100 000 soldats musulmans ont perdu la vie sur le champ de bataille. Alors que la construction d’une institution musulmane à Paris était déjà évoquée depuis le XIXe siècle, le bilan humain au lendemain de la guerre l’a finalement rendu possible. À l’origine, la Société des Habous et des Lieux saints de l’Islam s’est créée en 1917 pour défendre le projet de la Grande Mosquée de Paris.

Porté par un Comité de direction présidé par Édouard Herriot, député-maire de Lyon, le projet de loi est finalement voté à l’unanimité par la Chambre des députés en 1920. En 1922, la première pierre est alors posée sur un terrain appartenant à la Ville de Paris, celui de l’ancien hôpital de la Pitié, détruit avant la guerre. Au total, quatre architectes ont été convoqués pour réaliser cette architecture éclectique, inspirée de l’Andalousie et de l’Afrique du Nord. Maurice Mantout, Maurice Tranchant de Lunel, Charles Heubès et Robert Fournez avaient pour mission de concevoir un monument qui s’intègre bien dans l’urbanisme parisien, symbolisant l’amitié entre l’Orient et l’Occident.
Une visée pacifiste
Durant quatre ans, cet impressionnant chantier a mobilisé 450 artisans et artistes venus du Maghreb. C’est finalement le 15 juillet 1926 que le monument est inauguré, avec sa salle de prière, son jardin intérieur, ses salles de restaurant et de salon de thé, son hammam, et son remarquable minaret de 33 mètres de haut inspiré de celui de la mosquée Zitouna, à Tunis.

Dirigée par la Société des Habous, cette institution située en plein cœur de Paris s’est construite en hommage aux martyrs de la guerre, tout en continuant de célébrer l’union entre la France et la communauté musulmane. Sa position pacifiste, elle continue à la défendre durant la Deuxième Guerre mondiale : en effet, sous l’Occupation, la direction de la Grande Mosquée a permis de cacher plusieurs enfants juifs dans ses sous-sols, et a conçu plusieurs faux certificats de confession musulmane à des Juifs nord-africains.
Entre culte et culture
Aujourd’hui, la Grande Mosquée est autant connue comme un lieu de culte que de culture. Au-delà de sa salle de prière et des espaces réservés aux fidèles, le monument est ouvert au public pour de nombreuses autres activités. Les visiteurs peuvent notamment déambuler dans son « Jardin d’Eden » composé de plusieurs plantes venues du Maghreb. Celui-ci abrite aussi une école de langue, un hammam et un restaurant, délivre des actes de mariage et organise des événements culturels durant toute l’année.

La Grande Mosquée
2bis place du Puits de l’Ermite, 75005 Paris
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