
À quelques mètres des Grandes Serres et de la Grande Galerie de l’Évolution du jardin des Plantes de Paris se trouve un lieu qui reste méconnu : la graineterie. Créée en 1822 à l’initiative du botaniste André Thouin, elle conserve aujourd’hui l’une des plus importantes collections de fruits et de graines d’Europe.
Une collection née au XIXe siècle
La graineterie du jardin des Plantes ouvre en 1822, à la demande du botaniste André Thouin qui travaillait alors au Muséum national d’histoire naturelle. Celle-ci a été créée afin de fournir des semences aux jardins botaniques, permettre la conservation de certaines plantes et les échanges avec d’autres institutions scientifiques. Si les enjeux ont évolué deux siècles plus tard, la vocation de cette graineterie reste pour autant la même.

La collection sèche, dite la séminothèque-carpothèque, est remarquable par son ancienneté et sa diversité. Dans sa totalité, elle rassemble plus de 80 000 graines inertes et fruits séchés. Une partie est consacrée à la flore mondiale, avec environ 25 000 échantillons provenant notamment de voyages de naturalistes menés de 1860 à nos jours, tandis que la flore française représente environ 5 000 échantillons collectés depuis les années 1950.
Des graines prêtes à germer
En plus de la collection de graines inertes et fruits secs, la graineterie possède aussi une importante collection de graines vivantes, organisée en trois sections. La collection « nature » compte près de 6 000 échantillons récoltés dans différentes régions de France, la collection « jardin » rassemble les semences récoltées au jardin des Plantes et la collection Ensconet comprend 5 600 échantillons conservés depuis 2006 pour assurer la sauvegarde de la diversité de la flore européenne.

Pour les maintenir vivantes, les botanistes commencent par effectuer plusieurs récoltes, sécher les inflorescences, puis extraire et nettoyer les graines. Ces dernières sont ensuite conservées au sec et en chambre froide afin qu’elles puissent encore germer pendant plusieurs dizaines d’années. Pour les identifier, chaque échantillon est classé selon son nom scientifique, son numéro de référence et son lieu de collecte notés dans un catalogue annuel, l’Index Seminum, accessible dans des institutions du monde entier.
Préserver la biodiversité
Avec son impressionnante diversité d’échantillons, la graineterie du jardin des Plantes contribue ainsi à la conservation des espèces en dehors de leur milieu naturel, tout en enrichissant les collections du jardin des Plantes par de nouvelles plantations. Une mesure qui permet de préserver la biodiversité, et notamment les espèces menacées.
Mais ce n’est pas tout ! La séminothèque-carpothèque peut également servir à identifier des graines ou des fruits retrouvés dans des contextes particuliers. Par exemple, les botanistes du Muséum peuvent être sollicités par la police dans le cadre d’une enquête : l’identification d’une plante présente sur un lieu ou un objet à l’étude peut parfois apporter des indices. Par ailleurs, les équipes peuvent aussi aider à identifier des spécimens rares pour les recherches menées par des institutions scientifiques.

Malheureusement, les collections abritées dans les réserves scientifiques du Muséum ne sont pas accessibles au public, excepté à certaines occasions, comme lors de la Fête de la science qui dure plusieurs journées d’octobre.
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Image à la une : Graineterie du Muséum national d’Histoire naturelle, tri de graines © MNHN – A. Iatzoura