Oberkampf, la rue la plus festive de Paris porte le nom d’un Allemand que personne ne connaît

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À Paris, tout le monde connaît la rue Oberkampf, ses bars, son ambiance et ses nuits interminables. Tout le monde connaît ce nom…mais qui était cet homme ? Vu l’ambiance de cette rue, on imagine un ancien roi de la contrebande d’alcool. Sauf que Christophe-Philippe Oberkampf faisait dans le tissu, pas dans les bouteilles ! Oberkampf était un industriel allemand qui était devenu l’un des plus grands entrepreneurs de France au XVIIIe siècle.

Oberkampf : des teintures de Wiesenbach aux toiles de Jouy

© Instagram du musée de la toile de jouy
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Tout commence en 1738, dans le petit village de Wiesenbach, en Allemagne. Christophe-Philippe Oberkampf naît dans une famille de teinturiers, il baigne dans les colorants et les tissus avant même de savoir lire. En 1760, à 22 ans, il installe sa manufacture de toiles imprimées en France, plus précisément à Jouy-en-Josas, un petit village au sud-ouest de Paris. À l’époque, ce domaine industriel vient juste d’être légalisé en France ; Oberkampf arrive au bon moment, et il le sait !

Oberkampf, l’Allemand qui a conquis Paris et aussi l’Europe

© Instagram du musée de la toile de jouy
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À Jouy-en-Josas, Oberkampf ne bâtit pas un simple atelier, c’est l’une des industries les plus puissantes de France. Il introduit les plaques de cuivre pour l’impression, mécanise la production et structure ses équipes avec beaucoup de rigueur. On parle de 1 600 ouvriers et près de 30 000 pièces créées tous les ans. À l’époque, la « toile de Jouy » envahit les maisons bourgeoises, les châteaux et les cours royales d’Europe. En 1783, Louis XVI lui accorde le titre de manufacture royale ; Oberkampf avait enfin conquis le cœur de la France !

Un anonyme devient une légende

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En plus d’être un chef d’entreprise doublé d’un artiste, il devient maire de Jouy-en-Josas en 1790. Sa manufacture survit à la Révolution, à l’Empire et aux guerres. Il meurt en 1815, à 77 ans, sans jamais avoir arrêté de travailler. Napoléon lui-même lui avait remis la Légion d’honneur, vraiment pas mal pour un enfant de teinturier venu d’outre-Rhin.

Une rue légendaire pour un homme inconnu

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© Instagram du musée de la toile de jouy // Adobe Stock

Aujourd’hui, Oberkampf, c’est aussi une rue, celle où les Parisiens font la fête, où les terrasses sont pleines chaque soir et où les playlists s’échappent par les fenêtres ouvertes. À quelques kilomètres de là, à Jouy-en-Josas, le musée de la Toile de Jouy continue de faire vivre son héritage. D’un côté, un nom devenu symbole de la nuit parisienne. De l’autre, une histoire industrielle que peu de gens connaissent vraiment. De la manufacture royale au bar du coin, le destin a vraisemblablement le sens de l’humour !