Paris est-elle une ville de sorcières ?

Paris, Pont Alexandre III de nuit

Nous savons tous que Paris est une ville de légendes. La momie de Bastille, les mascarons du Pont-Neuf, ou encore la Fontaine Saint-Denis qui rend fidèle… Notre ville lumière ne cesse de nous rappeler qu’elle est mythique et millénaire. Mais alors, Paris est-elle une ville de sorcières ? On vous raconte.

De Paris à Versailles : l’affaire des poisons

Notez que les « sorcières » qui ont fait rage à Paris n’ont rien avoir avec celles des contes. Exit les forêts ou les grottes dissimulées. Lors des siècles derniers, à Paris et dans les villages alentours, de nombreuses femmes proposaient de lire l’avenir, de préparer des philtres d’amour, de fabriquer des poisons ou encore de pratiquer des avortements clandestins. On les nommait « sorcières » car elles allaient à l’encontre de l’ordre établi, dans une société où être une femme pouvait déjà être délictueux. C’est ainsi, qu’entre 1679 et 1682, durant le règne du Roi Soleil, une « sorcière » très connue à fait trembler les murs de Paris, jusqu’à Versailles. La figure principale de ce que l’on nomme « l’affaire des poisons » n’est autre que Catherine Deshayes, dite « La Voisin ». Elle vendait des philtres d’amour, des horoscopes, des consultations occultes et des poisons, évidemment. Le plus fascinant est que tout Paris connaissait son nom ! Sa clientèle allait du peuple à la haute noblesse.

La Voisin, Catherine Deshayes, représentée symboliquement
La Voisin, Catherine Deshayes, représentée symboliquement © Wikicommons

On racontait que des messes noires avaient lieu. Si vous avez eu la chance de (re)découvrir la Comédie Musicale du Roi Soleil, cet événement y est dépeint ! Il semblerait qu’un prêtre célébrait des messes clandestines allant à l’encontre de la religion, durant l’affaire des poisons liée à Madame de Montespan : une favorite du roi. Tout un programme qui a fait jaser Paris !

Il s’avère que Madame de Montespan ne voulait pas que Louis XIV s’intéresse à d’autres femmes, c’est donc tout naturellement qu’elle a consulté La Voisin. Or, Madame de Montespan n’a jamais été jugée par Louis XIV, bien que les rumeurs se poursuivent toujours…

Afin de régler cette histoire de sorcières, durant 3 ans, 442 personnes sont entendues, 367 sont arrêtées et 36 sont condamnées à mort : dont La Voisin, qui sera brûlée vive en 1680. C’est lorsque les enquêtes ont commencé à viser les plus grands noms de la Cour que Louis XIV a arrêté son enquête.

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Château de Versailles, cour principale
Château de Versailles, cour principale © AdobeStock

Les procès place de Grève

Bien sûr, l’affaire La Voisin n’est pas la seule qui a mené à procès de sorcellerie à Paris. Justement, si nous utilisons des guillemets, ce n’est pas un hasard : car Paris est l’une des premières villes a avoir été sceptique !

La place de Grève était LE grand lieu des exécutions publiques à Paris jusqu’au XVIIIe siècle. En Province, au XVIe siècle, les chasses aux sorcières ne cessent de se multiplier. En Lorraine, en Franche-Comté, en Alsace et dans le Jura, la frayeur collective de la sorcellerie ne cessait de faire voler les têtes. Et puisque « tous les chemins mènent à Paris », les rumeurs sont arrivées jusqu’à la capitale, et donc jusqu’à la place de Grève, où les condamnations à mort poursuivaient leur ronde. Épuisés, les magistrats parisiens ont commencé à demander davantage de preuves, et moins de rumeurs. Donc, plusieurs condamnations ont été annulées ! La ville de Paris elle-même est devenue plus prudente face aux « sorcières », plus que beaucoup d’autres juridictions de province. Plus fort encore : certains accusés ont été acquittés. Alors même si quelques « sorcières » ont put être exécutées place de Grève, de nombreux innocents ont pu être sauvés ! Ou alors… peut-être est-ce l’inverse. Peut-être que Paris est réellement une ville de sorcières, et qu’il faisait bon y être acquitté. Nous vous laissons ce mystère !

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Une sorcière à Montmartre ?

Mais alors, qu’en est-il du fameux « rocher de la sorcière » à Montmartre ? Eh bien, nous sommes encore dans la légende totalement parisienne. Il semblerait que le nom de ce vieux rocher caché dans les hauteurs de Paris vient de la déformation du nom « Sourcière ». Un mot qui définit un lieu ancien lié à une source d’eau. Le temps s’est chargé de la déformation linguistique, et la légende montmartroise a pris vie !

Le rocher de la sorcière caché à Montmatre
Le rocher de la sorcière caché à Montmatre © Paris ZigZag

Photo à la une : Paris, Pont Alexandre III de nuit © AdobeStock Stockbym

Rédactrice
Mes écrits révèlent mes passions, aussi brûlantes que mon imagination. Je rêve d'architecture, d'art naïf, de nature, d'histoires oubliées, de l'Île-de-France et ses secrets.