
Il s’agit d’une légende lancée par le célèbre cabaretier Michel Valette au cours du XXe siècle : celle de deux colombes, folles amoureuses et vivant sur l’île de la Cité, qu’une catastrophe va séparer durant un temps…
Une voie médiévale
Vestige médiéval de l’île de la Cité, la rue de la Colombe appartenait autrefois au quartier du chapitre de Notre-Dame. Ses premières mentions remontent au tout début du XIVe siècle, dans Le Dit des rues de Paris de Guyot. Le terme « colombe » renverrait alors davantage à une colonne qu’à l’oiseau blanc que nous connaissons. Durant longtemps, la voie n’aurait compté que quelques maisons, avant d’être plus largement ouverte entre la rue Basse-des-Ursins et le quai de Seine dès 1811.

Des métamorphoses sur l’île
Avec les grands travaux du baron Haussmann au XIXe siècle, l’île de la Cité a connu de nombreux changements comme le reste de la capitale. Certaines rues disparaissent, tandis que de nouvelles sont tracées, comme la rue d’Arcole, parallèle à la rue de la Colombe, cette dernière perdant alors plusieurs de ses immeubles du côté pair.

À la fin du siècle, des fouilles archéologiques ont permis de découvrir des vestiges de l’enceinte gallo-romaine, situés entre les numéros 3 et 5 de la rue de la Colombe. Datant du IVe siècle, ces remparts en pierre de huit mètres de haut permettaient de protéger Lutèce contre les invasions barbares. Lors de la construction des égouts, ceux-ci ont été en partie détruits lors de l’année 1912.
L’histoire de deux colombes
Le nom de la rue de la Colombe est embelli par une légende probablement lancée durant les années 1950 par le cabaretier Michel Valette, qui y tient un commerce entre les années 1954 et 1985. L’histoire contée est celle d’un couple de colombes vivant, vers 1220, à la fenêtre d’un sculpteur travaillant sur le chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais une violente crue de la Seine a détruit plusieurs maisons de l’île de la Cité, emprisonnant l’une des colombes sous les décombres. Fidèle, la deuxième lui rend chaque jour visite afin de la nourrir et la soutenir.

Touchés par leur histoire, les riverains décident alors de leur venir en aide et finissent par libérer la colombe prisonnière afin que le couple puisse vivre de nouveau ensemble. Véritable symbole romantique, cette légende est désormais illustrée par plusieurs petites sculptures, dont une statuette d’un homme entouré d’oiseaux blancs, placée dans une niche de la rue de la Colombe. Les jeunes couples peuvent alors se jurer fidélité devant le petit autel.
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