Au-delà du musée, les catacombes couvrent un réseau souterrain de 300 kilomètres dans tout Paris

Lorsque l’on évoque les catacombes de Paris, on songe immédiatement au musée, accessible au public depuis la place Denfert-Rochereau (14e). Mais cette partie aménagée ne représente qu’une petite partie de l’immense réseau souterrain qui s’étend sur 300 kilomètres sous la capitale. Fermées, ces galeries forment aujourd’hui l’un des plus vastes parcours construits sous terre en Europe.

D’anciennes carrières de pierre

Le réseau souterrain parisien trouve son origine dans l’exploitation des carrières de pierre calcaire, commencée dès l’époque gallo-romaine et poursuivie au Moyen Âge. On y trouve alors du calcaire lutétien, utilisé pour construire les églises, les hôtels particuliers ou les remparts, si bien que les carriers ne cessent de creuser de nouvelles galeries au fil des siècles, principalement sur la rive gauche. Certains monuments emblématiques de la ville ont pu être édifiés grâce à ces pierres, comme la cathédrale Notre-Dame, le Louvre ou la Sorbonne.

Les catacombes de Paris © Adobe Stock by Adolf
Les catacombes de Paris © Adobe Stock by Adolf

Si les anciennes carrières sont progressivement abandonnées, le territoire souffre d’affaissements, voire d’impressionnants effondrements à partir du XVIIIe siècle. Pour éviter toute nouvelle catastrophe, le roi Louis XVI décide de fonder l’Inspection générale des carrières en 1777, afin de cartographier, consolider et surveiller l’ensemble du réseau. Pour cela, les ingénieurs et ouvriers y construisent de nombreux piliers, voûtes, escaliers et signalisation qui renforcent les sols.

La création de l’ossuaire de Paris

À la fin du XVIIIe siècle, les cimetières parisiens, en particulier celui des Saints-Innocents, sont saturés de dépouilles, tandis que les fosses communes s’étendent de plus en plus. En 1785, les autorités décident alors de transférer les ossements vers les anciennes carrières situées sous la plaine de Montrouge. Durant des décennies, des convois nocturnes transportent les restes issus de dizaines de cimetières, et les galeries sont ensuite aménagées en véritable ossuaire.

Catacombes de Paris © Adobe Stock
Catacombes de Paris © Adobe Stock

Les ossements, d’abord simplement empilés, sont progressivement organisés pour qu’une partie des galeries soient accessibles au public. Avec l’ouverture d’un musée en 1809, l’inspecteur Louis-Étienne Héricart de Thury demande à concevoir des murs de tibias, des colonnes de crânes et des inscriptions philosophiques que nous pouvons toujours observer. Désormais, près de 1,5 kilomètre de cet ossuaire est ouvert au public : s’il s’agit du plus grand ossuaire du monde, le musée ne représente qu’une petite portion des 300 kilomètres de réseau souterrain existant sous Paris.

300 kilomètres de galeries souterraines

Au-delà de l’ossuaire touristique, les anciennes carrières constituent un patrimoine à part entière. Elles sont régulièrement étudiées par les géologues, les historiens et les ingénieurs, qui y observent les différentes couches géologiques du Bassin parisien. L’Inspection générale des carrières continue aussi à surveiller les sols afin de prévenir tout risque d’effondrement sous les immeubles intra-muros.

Les carrières souterraines de Paris - © Adobe Stock
Les carrières souterraines de Paris – © Adobe Stock

Mais ces galeries exercent aussi une fascination particulière sur les explorateurs urbains, appelés les « cataphiles« . Depuis les années 1970, ils pénètrent clandestinement dans plusieurs galeries interdites à la visite, grâce à leur connaissance de passages secrets. Ceux-ci y découvrent des inscriptions historiques, des petits cours d’eau, et y conçoivent eux-mêmes des sculptures, des fresques ou des salles thématiques. Il leur faut toutefois bien connaître la route, car le réseau constitue un véritable labyrinthe sans éclairage, qui présente des risques de chute ou d’inondation…

À lire également : Connaissez-vous la sombre histoire du gardien des Catacombes de Paris ?

Image à la une : © Adobe Stock

Rédactrice
En écrivant sur l'actualité des musées, galeries, cinémas ou librairies, j'ai à cœur de partager un regard sincère tout en défendant des lieux indépendants.