
La façade de la cathédrale Saint-François-de-Sales ne paie pas de mine, mais à l’intérieur de ce trésor de Chambéry, le choc est total : partout où se pose le regard (voûtes, murs, colonnes, chapelles) des peintures en trompe-l’œil d’une précision vertigineuse recréent un style gothique flamboyant sculpté qui, en réalité, n’existe pas… Avec près de 6000 m² de décors peints, c’est le plus vaste ensemble de trompe-l’œil de toute l’Europe !
Une cathédrale bâtie sur 30 000 pilotis
Tout commence au début du XVe siècle, quand les Franciscains posent la première pierre de leur chapelle conventuelle sur un terrain… marécageux. Pour stabiliser l’édifice, les bâtisseurs enfoncent dans le sol pas moins de 30 000 pilotis en bois de mélèze, une prouesse technique qui explique aussi pourquoi la cathédrale est restée relativement basse : le sol ne permettait pas de construire plus haut.

L’église est achevée à la fin du XVIe siècle et devient cathédrale en 1779. À noter également, une particularité architecturale peu commune : l’édifice n’a pas de transept, ce qui lui donne une nef étonnamment longue et unie.
Le plus grand trompe-l’œil d’Europe
C’est au XIXe siècle que la cathédrale reçoit le décor extraordinaire que nous pouvons admirer aujourd’hui. Après les destructions de la Révolution, le duc Charles-Félix de Savoie fait appel à des artistes pour repenser entièrement l’intérieur : Fabrizio Sevesi peint le chœur en trompe-l’œil, puis Casimir Vicario s’attaque à l’ensemble des murs et des voûtes. Il y fait apparaître une architecture gothique flamboyante entièrement simulée, avec des remplages, des nervures, des baldaquins et même des ouvertures sur le ciel… Tout peint, mais pas sculpté. En 1885, Bernard Sciolli complète l’ensemble avec le chœur, le déambulatoire et la chapelle canoniale, dans un style légèrement différent mais tout aussi bluffant.

Lever les yeux ici, c’est perdre ses repères entre le réel et l’illusion. Beaucoup de visiteurs ne réalisent qu’en s’approchant que les piliers, les ogives et les fenêtres à meneaux qu’ils croyaient voir en relief ne sont que de la peinture sur une surface plane…
D’autres trésors à ne pas manquer
Mais la cathédrale de Chambéry ne se résume pas à son trompe-l’œil. Dans la salle du Trésor, on découvre un diptyque en ivoire du XIIe siècle d’inspiration byzantine, une pyxide en émail du XIIIe et une Nativité en bois polychrome du XVe : des pièces d’une finesse rare, souvent oubliées des guides. L’orgue, construit en 1847 par le facteur alsacien Augustin Zeiger et classé aux monuments historiques, résonne lors de concerts gratuits organisés ponctuellement, valant à eux seuls le déplacement. Enfin, depuis 2014, une copie du Saint-Suaire de Turin est exposée dans la chapelle de la Résurrection. Il crée un lien historique fort puisque la précieuse relique avait été conservée ici même au XVe siècle par la Maison de Savoie, avant d’être transférée définitivement à Turin.

Le cloître gothique attenant, aujourd’hui intégré au musée Savoisien, mérite également le coup d’oeil : il accueille régulièrement des concerts et des expositions dans un cadre d’une sérénité remarquable. Une visite à ne pas louper dans cette cité savoyarde à seulement 2h50 de Paris !
Cathédrale Saint-François-de-Sales
Place Métropole, Chambéry
Du lundi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h, dimanche de 10h à 11h et de 15h à 18h (horaires réduits en hiver)
Entrée libre
Visite guidée gratuite tous les jours à 17h
Renseignements à l’Office de Tourisme
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