Connaissez-vous ce petit passage presque secret du quartier de l’Odéon ?

Cour de Rohan © Adobe Stock - JEROME LABOUYRIE

C’est à quelques mètres des dynamiques boulevard Saint-Germain et place de l’Odéon que se cache la cour de Rohan. Si les grilles de ce petit ensemble privé sont ouvertes, n’hésitez pas à les pousser pour découvrir cet espace hors du temps qui nous rappelle au bon souvenir du Paris d’avant… Mais son accès au public n’est pas garanti.

Cour de rohan Paris

La cour Rohan est bien plus qu’une simple cour. En effet, ce nom rassemble une enfilade de trois courettes où le temps semble suspendu. On y entre par la cour du Commerce Saint-André ou la rue du Jardinet, à quelques mètres du célèbre Procope, fondé en 1686. Et là, c’est la surprise. Divers styles d’architecture nous accueillent, mais avec une certaine harmonie. Des immeubles Renaissance, des vieilles briques, des curiosités et de la verdure se mêlent.

 

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Un illustre passage

Le nom de Rohan serait une déformation de Rouen, en référence à l’ancien hôtel des archevêques de Rouen situé à proximité. Une tradition associe également les lieux à Diane de Poitiers, favorite d’Henri II, sans que l’on puisse affirmer avec certitude qu’elle y ait habité.

Si, à sa conception, cette cour était une impasse bien gardée, en 1791, le mur de l’enceinte Philippe Auguste, qui l’obstruait d’un côté, est fendu pour en faire une voie traversante. Des vestiges de cette enceinte médiévale subsistent encore dans la cour et sont classés au titre des monuments historiques.

 

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Des vestiges historiques

Mais ce n’est pas le seul vestige d’un autre temps que nous offre ce petit havre de paix. On peut ainsi y admirer un magnifique puits avec sa margelle à gargouille et sa poulie. Les anciens chasse-roues ont également été conservés à l’entrée d’un porche séparant deux cours. Autre curiosité conservée sur place : un rare pas-de-mule, un objet que l’on ne croise plus guère dans les cours parisiennes ! Ce trépied en fer servait autrefois à monter sur son cheval sans grand effort. Des petits trésors bien cachés !

D’ailleurs, les artistes ne s’y trompent pas et profitent de la situation idéale du lieu pour en faire leur havre de paix. Dès 1935, le peintre d’origine polonaise Balthus y installe son atelier. Le peintre y fait notamment poser Thérèse Blanchard, une jeune voisine dont il réalise dix portraits entre 1936 et 1939. L’un d’eux, peint en 1938, est aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum of Art de New York. L’écrivain Georges Bataille l’y rejoint après la guerre et l’on murmure que ce dernier aimait particulièrement profiter de l’extérieur pour y organiser des fêtes. L’élite intellectuelle de l’époque, Simone de Beauvoir, Sartre ou encore Albert Camus, s’y retrouvait volontiers.

La cour de Rohan reste un lieu privé : mieux vaut donc ne pas compter sur une ouverture des grilles lors de votre passage. Si vous avez l’occasion autorisée d’y entrer, veillez à préserver la tranquillité des habitants.

Cour de Rohan, entre la rue du Jardinet et la cour du Commerce-Saint-André, Paris 6e. Ensemble privé, accès non garanti.

Rédactrice
Passionnée de Paris, je publie également des guides de voyage.