
Le métro de Paris souffre d’un problème majeur : la chaleur. Il y a plus de cent ans, les constructeurs du métropolitain ne s’attendaient pas à ce que les périodes caniculaires transforment le métro en véritable sauna. Quand bien même : en été, il y fait de plus en plus chaud. Pourtant, toutes les lignes détiennent un système de ventilation. Alors quelle serait la solution, et pourquoi la chaleur ne fait qu’augmenter d’années en années ?
Le métro : 226 km historiques
Aujourd’hui, le métro de Paris peut être fier de ses 226 km. Chaque année, s’y croisent 1.5 milliards de voyageurs, dans les 308 stations dispersées au cœur de la capitale, et même dans la petite couronne. Mais à ses débuts, le métro était avant tout un spectacle d’évolution et d’ingénierie dont la première ligne a vu le jour pour l’Exposition Universelle de 1900. Il s’agissait du Métro 1 « Porte Maillot – Porte Vincennes » : qui est l’une des lignes chanceuses à pouvoir bénéficier d’une climatisation aujourd’hui ; nous y reviendrons. Une chose est sûre, le métro de Paris a connu un grand succès dès ses débuts en comptabilisant 17 millions de voyageurs déjà transportés à la fin de l’année 1900. La veille de la Première Guerre Mondiale, on y comptait 467 millions d’usagers. À l’époque, l’objectif était simple : désengorger Paris qui était en pleine expansion démographique, et aussi, remplacer l’ère des tramways. De fait, avant le métro, Paris était « la capitale des tramways ». Si elle l’était restée, sans doute n’y aurait-il pas eu autant de problèmes de chaleur !

Notez bien sûr que la guerre n’a pas freiné l’évolution du métropolitain. Le réseau a continué d’être pensé pour traverser Paris dans ses profondeurs. Autant dire qu’à l’époque, on ne pensait pas au problème de la chaleur, et les stations étaient peu ventilées. Clairement : de nombreux tunnels du métro, et sa structure même, ont aujourd’hui 126 ans. Le premier problème est cette ancienneté. Même si des restaurations voient le jour, nous pensons particulièrement aux grands travaux de la station Saint-Michel. Au niveau du RER C, le lieu a pu gagner en luminosité, mais au niveau du métro, les tunnels restent les mêmes. La chaleur continue donc de se stocker dans ces couloirs et rames étroits, très difficiles à moderniser.
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La chaleur insoutenable des rames à Paris
Aujourd’hui, environ 40 à 50 % des rames sont climatisées ou ventilées. Celles qui sont plus supportables sont les lignes 1, 2, 5, 9, 11, 14 et partiellement la ligne 4. Clairement, une partie de la 14 est bien plus récente : ce qui explique cette facilité. Comme le métro 1, qui est automatique et avec climatisation. De même, en période de forte chaleur, la fréquentation n’est pas du tout un soutien pour atténuer la chaleur.
Un être humain produit environ 80 à 100 watts de chaleur. Sachez qu’un radiateur classique a besoin d’environ 1000 watts pour fonctionner. Donc, avec une rame de 800 voyageurs qui produisent environ 90 watts de chaleur, rien que cette énergie humaine pourrait faire fonctionner 72 radiateurs en même temps ! Si cette chaleur humaine pouvait recharger un ordinateur, il serait possible de recharger 1200 ordinateurs en simultané. Ajoutez à cela l’humidité générée par la respiration. En somme : il semblerait que la meilleure solution soit de marcher dans Paris, encore faut-il ne pas être pressé…

L’efficacité de la climatisation
Vis-à-vis de la ventilation, il est surtout question de renouveler l’air, mais pas de le refroidir. De même, la faute ne revient pas uniquement aux humains ou aux corridors anciens. Les freins des métros dégagent de la chaleur par frottement, surtout les anciens modèles ! Aussi, la climatisation pourrait tout empirer (Paris est pleine de surprises…) : avec la climatisation, l’air chaud doit bien être rejeté quelque part. Donc, si l’intérieur d’un métro est climatisé, les quais et les couloirs seraient encore plus chauds ! Si le ressentis y est de 40 C° sans clim et en été, imaginez à quel point l’attente du métro serait invivable. Les « malaises voyageurs » seraient nombreux. Le métro de Paris fait donc face à un terrible paradoxe.
Bien sûr, d’autres protocoles sont testés ; comme l’isolation et le revêtement thermique, mêlés à des systèmes de brumisation. Ces systèmes novateurs pourraient compenser, avec la chaleur des souterrains, des machines, et celle de notre chaleur humaine. À vous de faire un choix désormais : pensez-vous toujours autant prendre le métro à Paris en été, ou allez-vous faire le choix de préserver votre chaleur humaine en marchant sur les quais de Seine, à l’ombre ?

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Photo à la une : Métro de Paris © AdobeStock, Rico