Ce monument méconnu du Père-Lachaise est une initiative de la Ville de Paris pour rendre hommage à…

Monument des Travailleurs Municipaux © Pierre-Yves Beaudoin / Wikimedia Commons

Situé dans le 20ème arrondissement de Paris, le cimetière du Père-Lachaise fait partie des lieux cultes de la capitale. Intimement lié à l’histoire de la capitale, il est connu pour être la dernière demeure de nombreuses célébrités et personnages historiques, parmi lesquels Molière, Oscar Wilde ou encore Jim Morrison. De quoi expliquer les millions de touristes qui y viennent chaque année et qui découvrent, une fois sur place, d’étonnants ouvrages, comme cet obélisque si cher à la Ville de Paris.

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Un témoignage purement philanthropique et républicain

C’est en 1892 que le Conseil municipal adopte la construction d’un monument destiné aux ouvriers municipaux décédés durant leur service. Une décision qui fait suite à la pétition de Louis-Auguste Vorbe, de la Chambre syndicale des égoutiers de la Ville, relayée par Adolphe Patenne, de la Commission du travail du Conseil municipal. Le projet initial consiste à ériger le monument au cimetière du Montparnasse, aux côtés des monuments déjà édifiés pour la sépulture des sapeurs-pompiers et des gardiens de la paix. Inauguré en 1883, le monument élevé à la mémoire des sapeurs-pompiers de Paris morts au feu avait en effet été suivi trois ans plus tard d’un monument à la mémoire des agents de police de Paris victimes de leur dévouement. Finalement, ce premier projet est abandonné, jugé trop restreint et ne répondant pas à l’ambition artistique du Conseil municipal. La décision est finalement prise en 1895 d’ériger ce monument au cimetière du Père Lachaise, plus précisément au “Carrefour Michelet”, dorénavant connu sous le nom de “rond-point des travailleurs municipaux”. Derrière la réalisation de ce monument,  la Ville de Paris poursuit en réalité un double objectif : témoigner d’un esprit philanthropique et républicain, tout en contribuant à l’aménagement de ce rond-point situé entre la chapelle des hommes politiques Charles de Morny ou Pierre-Frédéric Dorian et de l’historien Jules Michelet.

Une œuvre d’art pour honorer des hommes et des professions

Pour que ce monument voie le jour, le conseil municipal confie à l’architecte Charles-André Duprez sa réalisation et au statuaire Denys Puech la réalisation d’une figure allégorique de la ville de Paris. Situé à un endroit stratégique, le monument en pierre d’Euville se compose d’un obélisque de cinq mètres de haut surmontant un piédestal, entouré de quatre coffrets dont l’un présente l’entrée du caveau. À l’avant de l’obélisque, une statue d’une femme drapée, allégorie de la Ville de Paris et de la Douleur, est assise sur un vaisseau symbolique. Comme toute représentation de ville, sa tête est surmontée d’une couronne en forme de muraille, tandis qu’un voile de deuil transparent lui couvre le visage. De sa main gauche, elle tient deux couronnes d’immortelles. Enfin, l’entrée du caveau est cantonnée de couronnes de laurier, signe de valeur et de reconnaissance, et surmontée d’une fleur de pensée, symbolisant le souvenir et la méditation. En mémoire de ceux qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions, comme les égoutiers qui affrontaient des conditions dangereuses pour maintenir la ville propre et fonctionnelle, ce site rappelle non seulement les sacrifices faits par ces travailleurs, mais souligne également l’importance du respect de toutes les professions.

Photo d’archive du monument commémoratif © Wikimedia Commons
Photo d’archive du monument commémoratif © Wikimedia Commons

Hommage à des métiers historiques de Paris

Si la construction du monument est terminée en novembre 1899, les restes des ouvriers égoutiers décédés victimes de leur devoir ne sont transférés qu’en 1901. En 1904, une remise en état nécessaire du monument est également l’occasion d’ajouter sur la face antérieure l’inscription “Aux travailleurs municipaux, la ville de Paris”, suivie des noms, prénoms, professions et date de décès de chacun des ouvriers qui s’y trouvent inhumés. Deux ans plus tard, la sépulture devient également un monument du souvenir, avec l’ajout de l’inscription “À la mémoire de ses serviteurs victimes du devoir, la ville de Paris” sur la face postérieure, pour commémorer la mémoire de personnes qui n’y sont pas inhumées. Au total, l’obélisque comporte 78 noms, exclusivement des hommes décédés entre 1891 à 1985. Un monument solennel qui permet par ailleurs de (re)découvrir les métiers de la Ville de Paris à la fin du XIXe et au XXe siècle tels qu’ajusteurs, bûcherons-élagueurs, cantonniers, charretiers, cochers, conducteurs d’automobile, égoutiers, fontainiers, jardiniers, instituteurs, machinistes, manœuvres à l’usine des eaux, paveurs, porteurs des pompes funèbres, sauveteurs ou encore surveillants d’entrepôts et de chantiers du métro. De quoi en faire l’une des étapes immanquables dans la visite du cimetière parisien qui regorge de secrets, comme cette tombe recouverte de pommes de terre

 

Monument des Travailleurs Municipaux
Rond-point des Travailleurs Municipaux
Division 71
Cimetière du Père-Lachaise
75020 Paris

 

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Image à la une : Monument des Travailleurs Municipaux © Pierre-Yves Beaudoin / Wikimedia Commons

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