
Au 66 bis avenue Raymond-Poincaré, dans le 16e arrondissement de Paris, l’église Saint-Honoré d’Eylau devait à l’origine n’être qu’une chapelle provisoire. Façade en brique rouge, silhouette discrète… rien ne laisse deviner que ce bâtiment devenu définitif compte aujourd’hui parmi les édifices religieux les plus singuliers de la capitale.
Une chapelle qui n’aurait pas dû durer
À la fin du XIXe siècle, la paroisse Saint-Honoré d’Eylau, dont l’église principale est établie place Victor-Hugo, ne suffit plus à un quartier en pleine expansion. En 1896, une chapelle provisoire est alors érigée avenue Raymond-Poincaré le temps de construire un édifice définitif, plus grand et plus ambitieux. Mais ce projet n’aboutira jamais… La chapelle, conçue pour disparaître, finit donc par devenir la nouvelle église.

Quatre styles sous un même toit
L’architecte Paul Marbeau bâtit l’édifice avec les contraintes d’un budget serré : ici, la brique et le métal remplacent la pierre de taille. Le résultat, inattendu, est une église rassemblant 4 styles différents : néo-roman italien à l’extérieur avec une façade sobre et archaïsante, néo-gothique à l’intérieur avec les grands arcs-boutants, Art Déco sur la verrière qui inonde l’espace de lumière colorée, et Art Nouveau sur les vitraux latéraux.

Les vitraux de Grasset et Gaudin
C’est justement sur ces vitraux que l’essentiel du soin décoratif a été concentré, puisque l’édifice devait rester provisoire, les ornementations furent réduites au minimum. Ils ont été réalisés par le maître-verrier Félix Gaudin, d’après les cartons d’Eugène Grasset, l’un des pionniers de l’Art Nouveau à Paris, et de Raphaël Freida. Les compositions, les couleurs, la précision du trait en font l’un des ensembles verriers les plus aboutis du quartier.

Le jour des obsèques de Christian Dior
Le 29 octobre 1957, c’est ici que la haute couture parisienne fait ses adieux à Christian Dior, mort cinq jours plus tôt à Montecatini Terme, en Italie. La cérémonie prend des proportions quasi-nationales ! Depuis, l’église Saint-Honoré d’Eylau reste associée à ce moment suspendu dans l’histoire de la mode. Voici donc une nouvelle bonne raison de pousser la porte de l’église Saint-Honoré d’Eylau, qui s’impose comme l’une des églises les plus étonnantes de Paris, la prochaine fois que vous passez dans le quartier !

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Crédit photo de une : Église Saint-Honoré d’Eylau © AxelleC / Paris Zigzag