Métro de Paris : pourquoi certaines stations changent de nom

Métro de Paris © AdobeStock

Dans le métro de Paris, certaines stations changent de nom pour différentes raisons : rendre hommage, éviter une polémique ou accompagner une opération de communication. Derrière ces ajustements, il y a toujours un mélange d’histoire, de symboles et parfois de marketing.

Le métro de Paris : tout une histoire

Cela fait précisément 126 ans que la première ligne de métro a ouvert ses portes. Désormais, ce moyen de transport fait partie du quotidien. On compte désormais 220 km de lignes et 303 stations. Ajoutez à cela les quelques stations fantômes, parfois décors de cinéma, et celles qui sont en construction pour le Grand Paris. La capitale connaît un réseau souterrain incroyable et mondialement connu. Les noms des stations de métro ne sont donc pas liés au hasard. Ils peuvent être menés à changer, dans le respect de l’histoire de France, pour éviter des polémiques, ou encore, pour que certaines blagues durent plus longtemps !

Certains d’entre vous doivent s’en souvenir : à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris, de nombreuses stations de métro ont changé de nom le premier avril 2024. Nous avons quelques mentions honorables en réserve. Nation (métro 9) avec « Para natation », « Cluny- La Sorbonne » (métro 10) avec « Cluny la Sorboxe », ou encore « Alexandre Dumas » (métro 2) avec « Alexandre Dumarathon ». Il n’est pas rare de voir le métro de Paris se transformer tous les premiers avrils, alors : restez attentifs !

Métro de Paris © AdobeStock
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Bien sûr, l’histoire du métro ne repose pas uniquement sur ce type de blagues, bien que les jeux de mots ne soient jamais bien loin. En l’occurrence, vous doutiez-vous que la ligne 14 devait se nommer « Meteor » ? Un bien joli nom stellaire qui faisait référence à l’acronyme « Métro Est-Ouest Rapide ». Ce nom a été utilisé durant toute sa conception, des années 80 à la fin des années 90. Or, à son ouverture, dès 1998, ce nom sera jugé trop technique et pas assez clair. On le nommera donc « métro 14 », sans surnom galactique. Pourtant, « Meteor » aurait pu permettre de nombreux événements marketing !

Toujours avec la ligne 14, figurez-vous que le nom « Olympiades » a failli poser problème, car il est une appellation protégée vis-à-vis des Jeux Olympiques, et est protégé juridiquement par le CIO (Comité International Olympique) ! S’il a été conservé, c’est qu’il a été prouvé que le quartier se nommait ainsi, sans lien avec les J.O, et qu’il ne s’agissait pas d’une référence directe aux événements sportifs.

Entre guerres et hommages

Bien sûr, les changements de noms du métro s’accordent également à des souvenirs de guerre, et à des hommages. Sur la ligne 2, la station qui se nommait « combat » a pris le nom de « Colonel Fabien », après la Seconde Guerre mondiale. Il était un grand résistant communiste, un symbole de la lutte durant l’occupation. Il en est de même pour la station « Jaurès » (métro 2 et 7) qui a été nommée ainsi après la Première guerre mondiale.

La station « Europe – Simone Veil » (métro 3) a été renommée en hommage, comme la station « Jacques Bonsergent » (métro 5) ; un résistant français fusillé en 1940.

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Des changements pour l’égalité

Les consciences s’éveillent, enfin. Sans doute avez-vous vu passer cette information : 72 femmes scientifiques oubliées de l’Histoire ont été inscrites sur les frontons de la tour Eiffel. Ces changements se constatent au cœur du métro. De fait, avant 2007, la station « Pierre et Marie Curie » (métro 7) ne se nommait que « Pierre Curie ». Ce changement évident a ouvert la voie pour que des titres honnêtes puissent être élus dans les nouvelles stations. Nous pensons au nouveau récent terminus de la ligne 4 « Bagneux – Lucie Aubrac », qui était une professeure de chimie et résistante durant la Seconde Guerre mondiale.

Les noms des stations de métro racontent toujours une histoire, voire plus : ils incarnent Paris. Nous verrons alors quels changements verront le jour dans les années à venir.

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Photo à la une : Métro de Paris © AdobeStock

Rédactrice
Mes écrits révèlent mes passions, aussi brûlantes que mon imagination. Je rêve d'architecture, d'art naïf, de nature, d'histoires oubliées, de l'Île-de-France et ses secrets.