
La Maison Coilliot à Lille est un ovni architectural qui cache des détails complètement fous. Située dans le centre de Lille, entre le parc Jean-Baptiste Lebas et Wazemmes, au numéro 14 de la rue de Fleurus, elle est coincée au milieu de briques très classiques et semble tout droit sortie d’un film fantastique : plissée, asymétrique et granuleuse comme un reptile à la peau turquoise !
Une affiche publicitaire géante en lave de volcan
Le premier secret de cette maison, c’est qu’elle a été entièrement pensée pour être une publicité géante. En 1898, Louis Coilliot, un entrepreneur lillois un brin excentrique, veut commercialiser un procédé révolutionnaire : de la lave de volcan émaillée. Pour en faire la promo, il s’offre les services d’Hector Guimard, le futur créateur des fameuses bouches du métro parisien. L’architecte imagine alors cette façade extravagante qui sert de catalogue à ciel ouvert. Vous pouvez même encore lire les slogans publicitaires gravés directement sur le fronton avec l’écriture officielle du métro parisien.

L’illusion d’optique pour tricher avec le vide
La Maison Coilliot est un incroyable tour de passe-passe architectural. Le terrain sur lequel elle est construite est minuscule, tordu et complètement en biais. Pour éviter que la maison ne paraisse de travers, Guimard a inventé une ruse géniale : le rez-de-chaussée est parfaitement aligné sur les voisins, mais les étages supérieurs partent totalement en retrait. Pour combler le grand vide ainsi créé, il a superposé des balcons et une immense cage en bois qui s’élance vers le haut. C’est cette tricherie visuelle qui donne l’impression que la maison se tord comme une plante verte !

Le mystère de la poignée moulée sur une vraie main
Hector Guimard était un perfectionniste obsessionnel. Pour cette maison, il a absolument tout dessiné, des plafonds aux meubles, jusqu’aux plus petits détails techniques. Une légende lilloise raconte d’ailleurs que l’architecte avait poussé le vice jusqu’à mouler les poignées en bronze de la porte d’entrée directement sur l’empreinte de sa propre main fermée, pour forcer les visiteurs à lui serrer la main en entrant. Légende ou simple usure du temps… Ce qui est certain, c’est que cette poignée a disparu depuis et laisse la porte d’entrée orpheline de sa sculpture !

Un paquebot en béton et des mousquetaires cachés
Le plus gros secret de la Maison Coilliot se cache en réalité à l’arrière, totalement invisible depuis la rue. L’étroite façade verte n’est que la partie émergée d’un immense complexe de plus de 700m² qui traverse le pâté de maisons jusqu’à la rue Fabricy. Dans la cour intérieure, on trouverait d’anciennes écuries et des ateliers reliés par une immense plateforme en béton armé qui serait en forme de pont de paquebot. Pour couronner le tout, les salons cachés à l’intérieur de cet ensemble seraient décorés de céramiques de Longwy représentant des mousquetaires et les quatre saisons.
Des fenêtres en forme de larmes et des lunettes de vue
Aujourd’hui, les étages de ce joyau de l’Art nouveau abritent un logement privé qui ne se visite malheureusement pas. Mais le rez-de-chaussée, lui, a conservé sa vocation commerciale ! À l’origine bureau de vente de lave émaillée, c’est désormais une boutique d’opticien qui s’est installée derrière les immenses baies vitrées. Les fenêtres aux lignes courbes de l’étage ont d’ailleurs une forme très ironique pour un vendeur de lunettes, puisqu’elles dessinent de gigantesques larmes ou des yeux grand ouverts sur la rue.

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