
Si vous débarquez à Lille pour la première fois, il se peut que vous ayez besoin d’un petit lexique de survie. Ici, on ne passe pas la serpillière, on passe la wassingue. On ne mange pas d’endives, mais des chicons. Et s’il pleut très fort, on appelle ça une drache. Mais attention, ces mots ne sortent pas de nulle part ! Le parler du Nord est un mélange savoureux d’histoire, d’influences flamandes et de vieux français. On vous explique l’origine des expressions les plus courantes.
Un héritage flamand et germanique
La proximité avec la Belgique et les Pays-Bas a laissé des traces indélébiles dans le vocabulaire local. L’exemple le plus célèbre est sans doute la wassingue. Ce mot vient directement du néerlandais wassen qui signifie « laver ». C’est l’héritage typique des travailleurs flamands qui ont apporté leurs habitudes et leurs mots dans les maisons du Nord !
Il en va de même pour la drache. Ce terme, qui désigne une pluie soudaine et violente, trouve sa source dans le wallon et le flamand drashen. En Belgique, on parle même de « drache nationale » pour la fête du 21 juillet ! Enfin, n’oublions pas l’estaminet. Ce petit café traditionnel où l’on boit de la bière viendrait du flamand stam (la tribu, le groupe), soulignant l’aspect ultra-convivial de ces lieux rustiques.
Le ch’ti et le picard : l’âme de la région
D’autres expressions viennent du picard ou du ch’ti, les langues régionales qui font l’identité du Nord. C’est le cas du mot biloute. Si à l’origine, le terme désigne le sexe masculin (un peu comme « kiki »), il est devenu avec le temps une appellation affectueuse pour dire « mon pote » ou « mon gars ». Merci à Dany Boon d’avoir rendu ce mot célèbre dans la France entière !
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Le P’tit Quinquin, lui, tire son nom du picard quin qui signifie « petit ». C’est un mot rempli de tendresse pour désigner un enfant. À l’inverse, si on vous traite de babache, c’est qu’on vous trouve un peu naïf ou simplet. L’origine viendrait d’un ancien mot exprimant la bouche ouverte devant quelque chose de surprenant. Mais rassurez-vous, c’est souvent dit avec le sourire !
Des glissements de sens étonnants
Parfois, le Nord utilise des mots français mais en change totalement le sens. Le verbe braire en est l’exemple parfait. En français standard, on l’utilise pour le cri de l’âne. À Lille ou à Valenciennes, si un enfant « brait », c’est qu’il pleure à chaudes larmes (et souvent bruyamment).
Même chose pour la ducasse. Ce mot vient de « dédicace » (ou dicace en ancien français), qui désignait la fête religieuse pour l’inauguration d’une église. Au fil des siècles, la fête religieuse est devenue une fête de village, puis une fête foraine. Aujourd’hui, on va à la ducasse pour les auto-tamponneuses et la barbe à papa, loin des messes de l’époque !
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