Le quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne : l’histoire d’une utopie sociale

Quartier des Gratte-Ciel Villeurbanne

À Villeurbanne, le quartier des Gratte-Ciel, inauguré en 1934, est sorti de terre grâce à l’impulsion du maire de la ville Lazare Goujon et des architectes Môrice Leroux et Robert Giroud. Inspirée des tours américaines, cette cité ouvrière de style Art déco a offert à Villeurbanne un centre-ville bien à elle, et reste aujourd’hui la trace d’une utopie sociale…Qui tient toujours debout !

Un vrai centre-ville pour une ville en pleine explosion démographique 

À l’heure de l’essor industriel de Villeurbanne, notamment porté par le textile, la mécanique et la chimie, la ville connaît une véritable explosion démographique, voyant sa population passer d’environ 5 000 habitants en 1856 à 42 000 en 1911, pour finalement atteindre 82 000 habitants en 1931.

Photographie d'un quartier précaire de Villeurbanne avant la réalisation du projet des Gratte-Ciel
© Bidonville du quartier des Poulettes avant le projet des Gratte-Ciel / Studio Jules Sylvestre, BM Lyon

Alors que Villeurbanne est souvent perçue comme un simple faubourg de Lyon, le maire Lazare Goujon, élu en 1924, manifeste la volonté d’affirmer une identité qui lui est propre, notamment via la création d’un vrai centre-ville symbolique. Il lance un vaste programme de travaux publics pour lui redonner toutes ses lettres de noblesse, et dont le quartier des Gratte-Ciel est aujourd’hui l’un des héritages les plus marquants.

Des Gratte-Ciel inspirés des buildings américains, façon Art Déco 

Pour dessiner ce nouveau centre, Lazare Goujon s’entoure entre autres de Môrice Leroux, un architecte alors peu connu, autodidacte et au style avant-gardiste. Celui-ci s’inspire des gratte-ciel qui sortent de terre à la même époque, notamment aux États-Unis.

Hôtel de Ville Villeurbanne
© Adobe Stock / 01tom

L’ensemble, de style Art déco, s’organise le long de l’avenue Henri-Barbusse. Deux tours marquent l’entrée du quartier, et l’Hôtel de Ville, avec son beffroi de 65 mètres de hauteur signé Robert Giroud, ferme la perspective. Le chantier s’achève en 1934, date de l’inauguration du quartier, et les immeubles qui entourent les deux monuments sont finalisés en 1936.

Une utopie sociale au cœur de Villeurbanne

Les Gratte-Ciel ne sont pas qu’un projet d’architecture. Avec leur chauffage collectif, leurs terrasses et leurs aménagements avec tout le confort moderne de l’époque, les immeubles des Gratte-Ciel ont aussi une vocation sociale, à une période où les grands ensembles d’habitation restent rares en France pour améliorer les conditions de logement.

La construction des Gratte-Ciel
© BM Lyon

Cette ambition vaut au quartier des Gratte-Ciel d’être encore aujourd’hui le cœur battant de Villeurbanne, toujours vivant et impressionnant !

Photo en Une : Adobe Stock / Gerald Villena