
Tête du Christ en or massif, invention de la plaque d’immatriculation, ou endroits cachés… Sous les pelouses peignées du parc de la Tête d’Or, se cachent bien des secrets que l’on raconte trop peu. Voici quelques petites histoires méconnues de l’un des plus grands parcs de France.
Un trésor légendaire à l’origine du nom du parc
Avant de devenir un parc, le terrain était une zone inondable, faite de lônes (bras morts du Rhône) et de brotteaux, mot lyonnais désignant des marécages. Mais le nom « Tête d’Or », lui, existait pourtant bien avant la création du parc. En 1530, alors que ces terrains appartiennent à la famille Lambert, ils portent déjà ce nom intriguant.

Il provient d’une légende selon laquelle un trésor : une tête de Christ en or massif, y aurait été enfoui par des croisés ou des barbares. L’histoire raconte qu’en 1855, une voyante aurait été chargée de localiser le trésor, sans succès. Plus tard, des canuts creusant le lac auraient découvert la tête du Christ. Mais face aux conflits que suscite la convoitise du trésor, celui-ci se serait mis à pleurer, remplissant le lac de ses larmes, et engloutissant le précieux à tout jamais. Si d’autres se sont mis en quête de le retrouver, et que des fouilles furent entreprises jusqu’en 1860, il reste encore à ce jour un mystère non résolu.
Un chantier qui a donné naissance à la première plaque d’immatriculation
C’est en 1856 que la ville de Lyon achète ce terrain marécageux aux Hospices civils de Lyon. Les travaux démarrent dans la foulée, sous la direction des paysagistes suisses Denis et Eugène Bühler, épaulés par l’ingénieur Gustave Bonnet. Le parc ouvre dès 1857, alors que l’ensemble du chantier n’est pas encore achevé.

Dès son ouverture, la circulation automobile y est autorisée, mais les accidents sont tels que le maire de Lyon, Antoine Gailleton, impose en 1891 une plaque numérotée à apposer sur chaque véhicule circulant dans le parc. Le dispositif s’étend ensuite à toute la ville de Lyon : c’est le premier système d’immatriculation automobile au monde.
Un parc qui n’a pas fini de révéler ses secrets
Le parc révèle aussi des aménagements plus discrets, que l’on découvre quand on nous le souffle ou lorsque l’on s’attarde à explorer ses recoins. Saviez-vous par exemple que, sous l’île du Souvenir, un couloir souterrain plonge littéralement sous le lac ? Il permet d’accéder au mémorial dédié aux soldats morts au combat, inauguré en 1930, sur l’île autrefois appelée île des Cygnes.

Autre curiosité, florale cette fois : l’origine des roseraies du parc remonte à un don fait en 1805 par Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Ier, d’une collection de ses rosiers. Le parc compte aujourd’hui trois roseraies distinctes : la roseraie historique du Jardin botanique, la roseraie d’étude et de concours, et la nouvelle roseraie internationale, inaugurée en 1964, qui réunit à elle seule plus de 60 000 rosiers.
Ces histoires méconnues rappellent qu’un parc urbain, même vieux de plus de 150 ans, continue de cacher des pans entiers d’Histoire sous une apparente tranquillité !
Photo en Une : © Adobe Stock Jasckal