
Au Mucem à Marseille, l’exposition « Bonnes Mères », présentée du 18 mars au 31 août 2026, plonge dans un sujet aussi familier que complexe : la maternité. Le parcours traverse les époques, de l’Antiquité à aujourd’hui, pour montrer comment les mères ont été représentées, pensées, et parfois enfermées dans des rôles imposés.
Depuis des millénaires, la maternité occupe une place centrale dans les récits et les imaginaires. Elle s’impose comme une évidence, presque un modèle. Mais derrière cette image rassurante se cachent des réalités plus variées et parfois contradictoires. L’exposition prend du recul : elle explore les corps, les expériences et les combats, et questionne les normes, les usages et les représentations qui façonnent notre regard sur ce rôle universel mais singulier.
Voir cette publication sur Instagram1,062 likes, 39 comments – mucem_officiel le March 18, 2026: "👑 Bande annonce | Exposition « Bonnes Mères »
🤱 Le Mucem présente l’exposition « Bonnes Mères », consacrée à la maternité méditerranéenne, au cœur de récits, de rites et d’images qui façonnent les sociétés depuis quatre millénaires.
De…
Des mythes aux expériences vécues
Le parcours s’organise autour de plusieurs axes, en commençant par les représentations symboliques. Figures religieuses, mythologiques ou politiques montrent comment la maternité a longtemps été associée à un idéal de protection et de dévouement. Mais cette vision est progressivement déconstruite. L’exposition met en lumière des réalités plus complexes, souvent absentes des récits dominants. Grossesse, accouchement, fausse couche, deuil périnatal ou encore interruption de grossesse font partie des thèmes abordés. Ces sujets apparaissent à travers des œuvres contemporaines, mais aussi des documents et objets qui témoignent de vécus longtemps invisibilisés. Le parcours insiste sur l’écart entre l’image de la mère idéale et la diversité des expériences réelles.

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Une exposition entre art et société
Avec près de 350 œuvres, « Bonnes Mères » propose un dialogue entre les époques, de l’Antiquité à aujourd’hui. Peintures, sculptures, photographies et installations se répondent pour montrer comment la maternité a été représentée au fil du temps. Certaines œuvres interrogent directement le corps et ses transformations, d’autres abordent la maternité sous un angle politique. L’exposition évoque notamment les luttes pour les droits des femmes, en rappelant le rôle de figures comme Simone Veil ou Gisèle Halimi dans l’évolution du regard porté sur la maternité. Le sujet dépasse ainsi la sphère intime pour devenir un espace de réflexion collective, où se croisent enjeux sociaux, médicaux et culturels.
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Une approche sensible et immersive
Le parcours est conçu comme une traversée, sans chronologie stricte, qui alterne entre représentations symboliques et récits personnels. Cette construction permet de passer d’une vision globale de la maternité à des expériences plus concrètes. La scénographie joue sur les contrastes, entre images idéalisées et réalités parfois plus brutes. Elle invite à regarder autrement des situations souvent peu montrées dans les institutions culturelles. L’exposition s’accompagne également de projections, de rencontres et de discussions, prolongeant les questions soulevées dans les salles.

Une pluralité de récits
Le titre même de l’exposition, au pluriel, souligne cette volonté de montrer plusieurs réalités. Il ne s’agit pas de définir ce qu’est une « bonne mère », mais de donner à voir une diversité de parcours. Certaines œuvres questionnent les normes, d’autres mettent en avant des expériences marginalisées. Ensemble, elles dessinent une vision plus nuancée, parfois contradictoire, de la maternité. Au fil du parcours, une idée se dégage : derrière une image familière et largement partagée, la maternité reste un sujet en mouvement, traversé par des enjeux intimes et collectifs.
Exposition « Bonnes Mères » – Mucem