
La plasticienne Claire Tabouret, désignée pour réaliser les vitraux contemporains de la cathédrale Notre-Dame, avait fait découvrir au public plusieurs maquettes au Grand Palais en début d’année. Portant sur le thème de la Pentecôte, ces six réalisations vont remplacer celles d’Eugène Viollet-le-Duc situées dans les chapelles du bas-côté sud de la nef. Malgré les nombreuses polémiques, la direction a déclaré que l’installation sera faite à l’automne prochain.
Un projet qui fait polémique
Après l’incendie de Notre-Dame et le démarrage d’un immense chantier de restauration, le président de la République a déclaré que le monument devra être marqué par une réalisation contemporaine. Bien qu’ils aient été épargnés par les flammes, les six vitraux créés en 1865 par Eugène Viollet-le-Duc ont été désignés pour être remplacés par de nouvelles créations. À l’issue d’un concours, c’est l’artiste française Claire Tabouret qui a été retenue pour concevoir six oeuvres sur le thème de la Pentecôte en collaboration avec les ateliers Simon-Marq.

Mais à l’annonce de ce projet, des voix contestataires se sont rapidement fait entendre. Plusieurs historiens, architectes, conservateurs et associations ont dénoncé la disparition de cet ensemble historique intact, estimant qu’elle contrevenait aux principes de conservation du patrimoine, notamment ceux défendus par la Charte de Venise. Une pétition a même rassemblé plusieurs centaines de milliers de signatures s’opposant à l’installation d’une création contemporaine dans le monument.
Les travaux déjà lancés
Face à l’absence de réaction du chef de l’État, les opposants ont tenté de faire suspendre le projet devant la justice administrative. Parmi leurs arguments, ceux-ci remettaient notamment en cause la légalité de la commande publique, estimant que l’établissement chargé de la restauration de Notre-Dame avait pour seule mission de conserver et restaurer le monument, et non d’y introduire des créations contemporaines. Une contestation qui a finalement été rejetée par le tribunal administratif de Paris, malgré les appels déposés.

Depuis 2026, les travaux ont déjà commencé pour accueillir les nouveaux vitraux. Ceux de Viollet-le-Duc ont été déposés pour être intégrés dans un futur musée dédié à la cathédrale, tandis que les nouveaux panneaux sont déjà en fabrication dans les ateliers Simon-Marq. Le public a notamment pu découvrir les maquettes grandeur nature de Claire Tabouret, présentées au Grand Palais en début d’année.
Une installation en fin d’année
Selon le calendrier retenu, les nouveaux vitraux seront installés définitivement entre mi-octobre et fin novembre, mettant un terme à plusieurs années d’incertitudes. Cette intervention constitue l’une des dernières grandes opérations artistiques engagées après la réouverture de Notre-Dame, aux côtés du renouvellement du mobilier liturgique intégré au monument.

À l’image du plafond de l’Opéra Garnier repeint par Marc Chagall, l’installation de nouveaux vitraux au sein de Notre-Dame ne pouvait se faire sans bruit. Pourtant, loin d’imposer une composition radicalement contemporaine, Claire Tabouret a choisi de concilier la tradition et la modernité, tant à travers le thème de la Pentecôte que dans le style figuratif des panneaux. Dès l’inauguration annoncée en décembre 2026, le public pourra donc découvrir les six verrières définitivement posées dans les chapelles du bas-côté sud de la nef.
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Image à la une : Les maquettes de Claire Tabouret exposée au Grand Palais © Simon Lerat pour le GrandPalaisRmn, Paris, 2025