
Sur la place Dalida, dans le quartier de Montmartre, un buste est dédié à la chanteuse qui habitait non loin de là, dans un appartement de la rue d’Orchampt. Seulement voilà : ce bronze est usé au niveau de la poitrine à force d’être touché par les touristes. Des gestes inappropriés selon certains élus écologistes, qui les condamnent et demandent la protection de la statue.
Une croyance populaire à Montmartre
Droite, le regard impassible et la poitrine proéminente, la statue de Dalida trône sur la place éponyme depuis 1997. Réalisé par l’artiste Aslan à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition, ce buste en bronze est devenu un lieu de commémoration pour les admirateurs de la chanteuse franco-italienne. Majoritairement visitée par des touristes, cette sculpture a progressivement perdu la couleur de son métal à force d’être caressée au niveau des seins.

Pourquoi ce geste ? Selon une croyance populaire qui s’est constituée au fil des années. Certains raconteraient en effet que toucher la poitrine du buste de Dalida porterait bonheur en amour. Et finalement, les mains baladeuses prennent le relai chaque jour, un geste jugé « inapproprié » par certains élus écologistes, qui y voient une banalisation des agressions sexuelles sur le corps féminin.
Une protection du buste ?
D’après Le Parisien, des élus écologistes Frédéric Badina-Serpette, Raphaëlle Rémy-Leleu, Douchka Markovic, Émile Meunier et Fatoumata Koné ont dénoncé des gestes qui « traduisent une persistance symbolique d’appropriation du corps des femmes dans l’espace public » et « participent à la culture de l’impunité« . Ceux-ci demandent alors qu’une protection soit mise en place pour mettre fin à ce rituel, avec notamment l’installation d’un socle plus élevé ou d’un panneau d’interdiction de toucher. Pour le moment, la Ville de Paris n’a pas répondu à leur appel.

Un autre cas à Paris
Le buste de Dalida n’est pas le seul à subir les mains baladeuses des passants. Si l’on se dirige au cimetière du Père-Lachaise, dans le 20e arrondissement, on peut découvrir la tombe du journaliste Victor Noir qui, dans son cas, est marqué par une oxydation du bronze au niveau du sexe. Là aussi, une croyance populaire raconterait qu’une caresse à l’entrejambe du gisant permettrait d’augmenter sa fertilité. Pour protéger la tombe, des barrières de protection et des panneaux d’information ont finalement été installés en 2004.

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Image à la une : Le buste de Dalida – © Pascal Lefevre