Le premier immeuble imprimé en 3D en France vient d’être inauguré près de Reims

Le premier immeuble imprimé en 3D en France à Bezannes, près de Reims, vu en hauteur dans son quartier résidentiel

À Bezannes, près de Reims, ViliaSprint² est le premier immeuble de logements imprimé en 3D sur site en France. Derrière l’effet de surprise, on découvre un vrai bâtiment de 12 logements, et surtout une manière de construire novatrice, et qui pourrait bien prendre de l’ampleur.

À Bezannes, une vraie première

L’impression 3D dans le bâtiment a déjà donné lieu à quelques réalisations très commentées, comme la maison Yhnova à Nantes ou, plus récemment, à Reims, des maisons imprimées en 3D par Plurial Novilia dans le cadre d’un projet expérimental mêlant impression 3D et préfabriqué. Mais à Bezannes, dans la Marne, on passe clairement à l’étape d’après. ViliaSprint² est un immeuble collectif de trois niveaux, avec 12 logements sociaux et 800 m² habitables répartis sur trois niveaux. On n’est donc plus sur une maison témoin ou un chantier pilote à petite échelle, mais sur un bâtiment conçu pour être habité, dans un format bien plus ambitieux.

Le chantier du premier immeuble imprimé en 3D en France à Bezannes
Le chantier de Bezannes montre l’impression 3D des murs en béton © Hobo

Ce qui rend le projet inédit, c’est que la structure porteuse et les murs ont été réalisés par impression 3D béton directement sur le chantier. Une première en France ! Et on peut dire que cela a de quoi intriguer. Mais alors, en quoi cela consiste-t-il exactement de construire… ou plutôt d’imprimer un immeuble en 3D ?

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Le premier immeuble imprimé en 3D en France

Il aura fallu 12 mois de chantier pour que cet immeuble d’un nouveau genre voit le jour, contre 15 pour un chantier classique. La phase d’impression a, quant à elle, démarré au printemps 2025 et s’est achevée fin juin. Elle devait durer 50 jours, et a finalement été bouclée en 34. Au final : un gain de temps et deux fois moins d’ouvriers nécessaires à ce chantier. Derrière cette prouesse, on trouve un portique robotisé installé sur place, capable d’imprimer le béton couche après couche, et piloté par une petite équipe.

Murs en béton imprimés en 3D sur le chantier de Bezannes
Les murs en béton sont imprimés couche par couche à Bezannes © Hobo

Le béton utilisé n’est pas un béton classique, mais un matériau spécialement conçu pour être imprimé. Le projet a aussi mis en avant une formule dite bas carbone, pensée pour réduire les émissions de CO2 par rapport à un béton plus traditionnel, ainsi qu’une baisse de la quantité de matière utilisée et deux fois moins de déchets produits sur le chantier. Chantier qui, par ailleurs, se trouve être plus silencieux et offre aux opérateurs des conditions de travail plus sûres et attractives. L’intérêt d’une telle entreprise n’est donc pas seulement technologique puisqu’elle touche également à des sujets très concrets comme la rapidité d’exécution, la précision, mais aussi la pénibilité du travail et l’impact environnemental.

Un signal fort pour la construction

ViliaSprint² ne repose pas uniquement sur l’impression 3D. Le programme intègre aussi du bois pour la structure des balcons, des matériaux à plus faible impact, une pompe à chaleur collective et des panneaux photovoltaïques. L’ensemble a été pensé pour répondre à la RE2020, la réglementation environnementale qui encadre les bâtiments neufs en France et impose des objectifs plus exigeants sur l’énergie, le carbone et le confort pendant les fortes chaleurs. Au-delà de la prouesse technique, l’enjeu était aussi de tester l’impression 3D à l’échelle d’un immeuble collectif. Pour cela, Plurial Novilia a fait construire sur la même parcelle un second bâtiment presque identique, mais réalisé de façon traditionnelle, afin de comparer les deux méthodes sur le chantier puis en phase d’exploitation. « ViliaSprint² marque une étape majeure dans l’exploration de nouvelles méthodes de construction. Le projet a permis d’évaluer concrètement les apports de l’impression 3D pour produire des logements de manière plus rapide et plus durable », résume Johnny Huat, directeur général de Plurial Novilia.

Façade du premier immeuble imprimé en 3D en France à Bezannes près de Reims
ViliaSprint² compte 12 logements sur trois niveaux © Plurial Novilia

Ce sont toutes ces caractéristiques qui rendent cet immeuble aussi intéressant. Seul bémol de ce procédé novateur pour le moment, et non des moindres : son coût, 30% supérieur à celui d’un chantier classique. Mais l’optimisation des process, la production d’une encre moins chère, ou encore la réduction des interventions manuelles sont autant de pistes qui devraient permettre de rendre la technologie plus accessible, et de rivaliser avec la construction traditionnelle. Loin de n’être qu’une curiosité, ce premier immeuble imprimé en 3D en France, à Bezannes, ouvre en tout cas la voie à une autre manière de construire des logements.

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Image en Une : Vue aérienne du premier immeuble de logements imprimé en 3D en France, à Bezannes, près de Reims, aux côtés d’un bâtiment construit de manière traditionnelle.

Mélina Hoffmann

Rédactrice et vidéaste
Curieuse, passionnée et enthousiaste, je promène ma joie de vivre pour rencontrer, découvrir, ressentir et partager. La vie : intensément sinon rien !