
On ne s’attend pas à lire ça d’une ville comme Paris — et pourtant. Dans un classement publié, la capitale française figure désormais parmi les cinq villes les plus sales au monde. La société américaine Radical Storage a compilé plus de 70 000 avis Google publiés entre octobre 2024 et novembre 2025 pour mesurer la perception de la propreté dans une centaine de destinations touristiques. Budapest décroche la première place des villes les plus sales du monde avec 37,9 % d’avis négatifs, suivie de Rome (35%), Las Vegas (31%), et Florence (29,6%). Paris arrive donc 5eme avec 28,2 % d’avis parlant de la saleté de la ville.
Quand l’image se heurte à la réalité quotidienne
Paris est depuis longtemps une des villes les plus visitées de la planète. Chaque année, des millions de touristes arpentent ses boulevards, ses quais et ses jardins. Mais derrière les cartes postales, la propreté n’est pas toujours à la hauteur de cette réputation. C’est cette image qui a conduit Paris à se classer 5ᵉ ville la plus sale du monde, juste derrière des métropoles souvent citées pour leurs défis urbains.
La propreté d’une ville ne se mesure pas uniquement à la quantité de déchets dans la rue : elle prend en compte la perception des habitants et des visiteurs, les signalements liés aux détritus, aux graffitis ou aux chewing-gums, ainsi que la fréquence du nettoyage. Et sur ces critères, Paris souffre. Le classement n’est pas un label administratif, mais il dit quelque chose du regard que le monde porte sur la ville, et ce regard est celui d’une ville où le trottoir, parfois, ressemble à un tapis d’emballages, de mégots et de traces d’usure.
Une réalité que Parisiens et visiteurs connaissent déjà
Pour beaucoup de Parisiens, cette nouvelle n’est pas un choc. On voit les mêmes scènes en remontant les quais ou dans les rues très fréquentées : papiers qui traînent, déchets qui s’accumulent aux coins, sols tachés, corbeilles débordantes. Ce n’est pas partout, bien sûr — certains arrondissements sont étonnamment propres — mais suffisamment souvent pour que le sujet devienne un motif de conversation récurrent.
Ce que disent les autorités locales
Du côté de la mairie, on reconnaît que le défi est réel. Des campagnes de nettoyage renforcées, des opérations coup de poing sur certains axes et une meilleure gestion des poubelles sont régulièrement annoncées. On met en avant aussi des applications citoyennes pour signaler les zones sales ou des programmes pour inciter à moins jeter. Cela dit, ces mesures n’ont pas encore inversé la tendance de fond.
Et maintenant ?
Ce classement n’est pas un verdict définitif, mais plutôt une mise en lumière d’un enjeu urbain concret. Paris séduit encore par sa richesse culturelle, par ses cafés et ses musées. Mais il y a, derrière la carte postale, des coins qui crient qu’on peut faire mieux. La propreté n’est pas seulement une question de nettoyage : elle touche à l’image de la ville, à l’expérience de celles et ceux qui y vivent et à celle des millions qui y passent chaque année.
Et si cette place dans le top 5 est difficile à digérer, elle peut aussi devenir un point de départ pour repenser certains usages et redonner à Paris cette lumière — jusque dans ses rues — qu’on attend d’elle.