
À mi-chemin entre Rennes et Saint-Malo, le château de Combourg est un forteresse médiévale, berceau du romantisme français, et selon beaucoup… l’un des châteaux les plus hantés de Bretagne. Voici les histoires que ses vieilles pierres murmurent encore.
Un fantôme à jambe de bois dans l’escalier
Parmi les revenants qui auraient élu domicile à Combourg, l’un sort clairement du lot. Malo de Coëtquen, ancien comte de la ville, aurait perdu sa jambe droite lors de la bataille de Malplaquet en 1709, et serait mort quelques années plus tard dans son lit entre ces murs. Depuis, selon la légende, il hante les couloirs et le grand escalier de la tourelle, flanqué de sa prothèse de bois, et d’un chat noir dont les miaulements se feraient entendre jusqu’au village. L’image d’un vieux pirate fantomatique rodant de nuit dans les étages… difficile de faire plus breton.

Une momie de chat derrière les murs
C’est sans doute le détail le plus glaçant du château, et il est parfaitement documenté. Lors de travaux de restauration, des ouvriers ont mis la main sur le cadavre desséché d’un chat, emmuré dans un escalier secret de la Tour du Chat datant du XVIe siècle, au moment de la restauration du château. Une pratique que l’on retrouve dans toute l’Europe médiévale : emmurer vivant un chat noir dans les fondations d’un bâtiment était censé en éloigner les mauvais esprits et conjurer le sort. Le résultat, plusieurs siècles plus tard, est exposé sous vitrine dans la chambre qu’occupait François-René Chateaubriand lorsqu’il était encore enfant. La plupart des visiteurs passent devant sans le remarquer. Ne faites pas cette erreur.

Des années d’errance pour Chateaubriand
François-René Chateaubriand, père du romantisme français, est l’un des grands noms de la littérature française. Il a trois ans lorsque son père fait l’acquisition du château de Combourg en 1761. François-René y passera son enfance et deux années de 16 à 18 ans qu’il qualifiera dans ses mémoires de « deux années de délires ». Pour l’endurcir, son père l’obligeait à coucher seul au sommet d’une tour. Il pouvait alors entendre les mugissements des souterrains, les bruits de la nuit, le claquement des portes. A l’adolescence, il renoue avec la solitude, l’ennui et la tristesse. C’est alors que sa vocation poétique s’éveille. C’est bien des années plus tard qu’il devient célèbre et obtient de la part de la ville de Saint-Malo « une concession de quelques pieds de terre » pour son tombeau, sur l’îlot rocheux du Grand Bé, lui aussi visitable.

Château de Combourg
23 rue des Princes, 35270 Combourg