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Ouvert en 1856, quatre ans seulement après le Bon Marché, premier grand magasin de la capitale, le Bazar de l’Hôtel de Ville (devenu BHV Marais en 2013) est non seulement l’un des plus anciens commerces de Paris, mais aussi l’un des plus emblématiques. Retour sur l’histoire de cette enseigne qui s’ancre toujours aussi fièrement au cœur du Marais.

Un petit bazar familial qui devient rapidement grand

Voyant que les affaires de ses vendeurs ambulants fonctionnent incroyablement bien à cet emplacement, François-Xavier Ruel, bimbelotier, et son épouse Marie-Madeleine s’installent à l’angle de la rue de Rivoli et de la rue des Archives et y ouvrent leur tout premier comptoir de bonneterie en 1856. Idéalement située à côté de l’Hôtel de Ville, la petite enseigne familiale du 54 de la rue de Rivoli ne tarde pas à prospérer et à s’agrandir. François-Xavier Ruel se diversifie dès 1860 dans la quincaillerie et la vente de jouets et bibelots et acquiert les boutiques adjacentes à peine deux ans après l’ouverture de son commerce.

En 1866, dix ans après sa création, l’enseigne prend le nom de Grand Bazar de l’Hôtel de Ville et devient le tout premier établissement parisien à proposer des articles étiquetés, vendus à prix fixes et suffisamment bas pour attirer une clientèle large issue des classes moyennes, voire populaires. Petit à petit, et jusqu’à son décès le 30 janvier 1900, François-Xavier Ruel continue de développe son commerce en se diversifiant et en acquérant tous les immeubles compris entre les rues des Archives, de Rivoli, du Temple et de la Verrerie. En 1895, l’enseigne se revendique déjà comme “le plus vaste et meilleur marché du monde” !

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François-Xaviel Ruel, un homme d’affaires bienveillant et philanthrope

Lorsque débute le siège de Paris à l’hiver 1870, le Grand Bazar de l’Hôtel de Ville est déjà un établissement phare du Marais et une enseigne prospère. François-Xavier Ruel, très impliqué dans la vie parisienne à travers son mandat de conseiller municipal, se montrera particulièrement généreux pendant cette période marquée par le siège de 1870 et la Commune de Paris l’année suivante. Il aidera non seulement ses employés en subvenant aux besoins de leurs familles, mais également les Parisiens par le biais d’une distribution quotidienne de pain et de vivres, et par la fondation d’un dispensaire pour les indigents du quartier de l’Hôtel de ville. Pour ses bonnes actions, le propriétaire du Grand Bazar sera honoré du titre de chevalier de la Légion d’honneur en 1893.

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1913, les derniers grands travaux et la construction de l’emblématique rotonde

À la mort de son propriétaire, le Grand Bazar de l’Hôtel de Ville est repris par son petit-fils, Henri Viguier. Chahuté par la réussite de ses concurrents, le Grand Bazar commence alors à vendre des articles de mode tout en restant fidèle aux comptoirs à prix unique qui ont fait son succès, et entame une grande phase de reconstruction. Le 6 octobre 1913, l’inauguration du nouveau Grand Bazar de l’Hôtel de Ville, flambant neuf après 21 mois de travaux, instaure ainsi une nouvelle période de grande prospérité. Le bâtiment est entièrement rénové, encore agrandi, et son organisation complètement remaniée. Une rotonde inspirée par celle du Printemps Haussmann est construite dans l’angle de la rue du Temple par l’architecte Auguste Roy. Le verre, les immenses charpentes métalliques, et son architecture néo-classique offrent un décor somptueux à ce nouveau bâtiment qui se met à attirer des flâneurs simplement venus admirer l’élégance de l’édifice. De style Art nouveau, l’imposant dôme est aujourd’hui encore l’étendard et l’emblème du grand magasin.

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Le Grand Bazar de l’Hôtel de Ville pendant et après les travaux de 1913 (© bhv.fr)

Une enseigne qui vend (vraiment) de tout

Parfumerie, quincaillerie, bijouterie, prêt-à-porter homme et femme, jardinerie, bricolage, articles pour la maison, le BHV s’est peu à peu établi comme l’antre de l’achat compulsif, le bazar où l’on trouve tout ce que l’on cherche (et ne cherche pas). En 1914, Marcel Duchamp y dégota d’ailleurs un porte-bouteilles, choisi au hasard dans les rayons du magasin, et en fit l’un de ses premiers ready-mades, ces fameux objets “tout faits” qu’il sélectionne et expose pour leur neutralité esthétique, quelques années avant de réaliser son célèbre urinoir, baptisé “Fontaine”.

Cyrielle Didier

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