Véritables attractions, les exécutions publiques rassemblaient une foule de Parisiens qui n’auraient raté ce spectacle terrifiant pour rien au monde ! Ainsi, les sorts de nombreux criminels sont restés gravés dans l’Histoire… Mais qu’en est-il de leurs bourreaux ?

Une mission à double tranchant

Créée au 13e siècle par le roi Louis IX, la charge de bourreau consistait d’abord à faire avouer leurs fautes aux accusés en les faisant passer au supplice. Toute la difficulté était alors de ne pas les faire mourir pendant la torture afin qu’ils tiennent jusqu’au jour de leur exécution. Le bourreau devait ensuite réaliser la mise à mort rapidement et “proprement”. S’il n’effectuait pas correctement cette mission il pouvait lui-même être condamné à mort par la foule ! Comme on peut le comprendre, trop peu de candidats se présentèrent à ce poste. On finit donc par proposer aux condamnés à mort d’échapper à leur peine s’ils acceptaient de devenir bourreaux… Mais très peu acceptèrent.

execution-ravaillac

Une vie de pestiféré

En effet, les bourreaux étaient maudits par le reste de la population, à tel point qu’ils devaient vivre en dehors des villes. Ils étaient aussi contraints de porter des vêtements rouges pour que tout le monde puisse les reconnaître. En revanche, pour contrebalancer cette condition de paria, ils avaient plusieurs privilèges : exemption de certaines taxes, possibilité de revendre tout ou partie des corps des suppliciés, et droit de havage qui les autorisait à se servir gratuitement chez certains marchands dans la limite de ce que leurs mains pouvaient contenir. Après leur passage, les paniers qu’ils avaient touchés étaient marqués d’une croix.

Un héritage empoisonné

Les enfants des bourreaux n’avaient pas le droit d’aller à l’école. Aussi, on devenait souvent bourreau de père en fils. La famille de bourreaux parisiens la plus célèbre de l’Histoire fut certainement les Sanson, qui exercèrent cette fonction du 17e au 19e siècle. Parmi les condamnés qui passèrent entre leurs mains, on compte le roi des bandits Cartouche, le roi Louis XVI mais aussi Marie Antoinette, ou encore le célèbre criminel Lacenaire. Juste avant la Révolution, Louis XVI aboli la torture et remplaça le droit de havage par un salaire fixe. Quant au dernier bourreau parisien, il s’appelait Marcel Chevalier et procéda aux dernières exécutions en 1977.

guillotine-weidmann

Les prochaines visites guidées



Voir toutes nos activités