À une heure de Paris, des marais sauvages que personne ne soupçonne

Marais de Misery, Essonne - Adobe Stock

On connaît les marais camarguais ou ceux de la Baie de Somme avec leurs paysages sauvages remarquables. Mais on ne soupçonne pas qu’un tel décor puisse exister aussi en Île-de-France ! Pourtant, dans le sud de l’Essonne, un écrin de nature assez exceptionnel s’étend sur près de 950 hectares : les marais de la basse vallée de l’Essonne et de la Juine. Un site rare et préservé, parfait pour des balades au frais !

Une zone humide d’exception classée Natura 2000

Marais de Misery, Essonne - Adobe Stock
Marais de Misery, Essonne – Adobe Stock

Dans cette partie de l’Essonne, juste avant de rejoindre la Seine, les rivières de la Juine et de l’Essonne serpentent et dessinent un vrai labyrinthe aquatique, qui sert de refuge à une biodiversité exceptionnelle. Entre lacs, étangs, tourbières, et îlots boisés, ces marais composent l’un des plus beaux territoires sauvages d’Île-de-France. A seulement 40km de la capitale, la nature reprend ses droits dans ce havre de paix labellisé Natura 2000 et -distinction rare- classé sur la Liste verte de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Peu connus du grand public, les marais constituent la plus grande zone humide d’Île-de-France, étendus sur 946 hectares… un beau terrain d’exploration.

Une balade rare en Île-de-France

Marais de Misery, Essonne - Adobe Stock
Marais de Misery, Essonne – Adobe Stock

La bonne nouvelle, c’est qu’une grande partie de ces marais est ouverte au public, idéale pour des courtes balades ou des randonnées plus longues dans ce cadre préservé. On y progresse dans des paysages changeants, alternant entre des sous-bois avec panoramas sur les étangs paisibles, étroits sentiers encadrés de blé à perte de vue, roselière, saules… Ici, seuls le chant des oiseaux et le croassement des grenouilles viennent perturber le silence. La balade est ponctuée d’observatoires à oiseaux qui permettent de faire des pauses pour admirer les habitants des lieux : hérons cendrés, martins-pêcheurs, canards, cormorans, oies sauvages… Autant d’oiseaux qu’on observe rarement en Île-de-France, (c’est donc le paradis des photographes !). Chaque année, les marais sont le refuge de nombreuses espèces migratrices : au fil des saisons, il faut savoir ouvrir l’œil pour observer quelques spécimens rares !  Pour parcourir cet écrin exceptionnel, plusieurs itinéraires sont possibles et permettent de faire les tours des étangs (notamment avec un sentier GR). Une possibilité est de commencer au départ de Fontenay-le-Vicomte, et de progresser entre les marais, au fil de Vert-le-Petit, Echarcon et Mennecy. Gros plus : la balade est largement accessible à tous  et promet une vraie coupure avec l’agitation francilienne.

Avant le havre de paix, un lieu mal réputé

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Hassan Bensliman (@hben.fr)

Aujourd’hui paisibles, les marais n’ont pas toujours été berceaux de tranquillité. Jusque dans les années 1920, avant les observatoires et les cabanons de pêcheurs, de nombreuses auberges bordaient les berges, fréquentées par des prostituées et contrebandiers. Mal réputé, l’endroit vivait à un rythme radicalement différent. Et bien avant cela, au Moyen-Âge, on y exploitait la tourbe, combustible précieux. Depuis, les choses ont bien changé : il y a quelques années, les marais ont été réaménagés et valorisés comme « espace naturel sensible ». Certaines berges, privatisées, sont inaccessibles et abritent quelques cabanons, tandis que la majorité du site est protégée. Un troupeau de vaches Highlands y a même été introduit, et y broute paisiblement… une belle rencontre à faire au cœur de l’Essonne ! 

A lire également

Ce jardin de la 6e plus grande ville de France abrite 800 m² de serres et plus de 50 000 fleurs plantées chaque année
Image à la une
Marais de Misery, Essonne -© Adobe Stock