
C’est acté : la canicule de 2026 est historique. Même si la France est davantage préparée, comparé à la canicule de 2003, cette vague de chaleur est une réelle épreuve, que ce soit dans le métro, ou sur les quais de Seine. La baignade autorisée dans le canal Saint-Martin et dans d’autres espaces peut être une option, mais pas sur le long terme. Alors, pourquoi la climatisation n’est-elle pas la norme à Paris ?
Paris : une ville très ancienne
Vous vous en doutez, une des raisons principales de cette absence globale de climatisation n’est autre que l’ancienneté de Paris. Nous ne sommes ni à Dubaï, Singapour, ou bien aux États-Unis. Notre capitale s’est développée bien avant l’invention de la climatisation. Son créateur se nommait Willis Carlier, né dans l’état de New York. C’est en 1902 qu’il met au point le premier système de climatisation, alors que le Paris d’Haussmann existe déjà ! En 1985, il aura son étoile sur le Hall of Fame à Hollywood. Il faudra attendre les années 90 pour que la climatisation fasse son arrivée en France. Clairement, de très (voire trop) nombreux immeubles et maisons en France n’ont pas été conçus pour des systèmes de ventilation modernes.

L’Île de la Cité est le quartier le plus ancien de Paris : même si on y trouve des squares et des quais de Seine, de nombreux Monuments Historiques sont protégés, et ne peuvent pas accueillir la clim. Le quartier de Bibliothèque François-Mitterrand, à l’inverse, est l’un des plus récents : les tours les plus modernes ont été érigées avec les normes thermiques récentes. Or, ce n’est pas parce que certains quartiers de Paris sont qualifiés de « plus anciens » qu’ils sont des étuves ! C’est à cause du béton, de l’asphalte et du manque d’arbres que l’air devient irrespirable. Les arrondissements de Paris les plus exposés sont le 19e, le 20e, le 18e et certaines parties du 10e et du 11e. Quant au Marais, on y retrouve des rues étroites, des immeubles en pierre et des cours intérieures : une formule magique qui parvient à garder un tant soit peu de fraîcheur.
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Façades et monuments historiques : anti-climatisation
Nous l’avons avancé, de nombreuses façades à Paris sont protégées historiquement. Il est donc impossible de les percer comme on le désire, et d’accrocher de gros blocs de climatisation sur un balcon. Dans certains secteurs, l’accord des Architectes des Bâtiments de France peut être nécessaire. Et ce qui est surtout nécessaire, ce sont les espaces verts ! Certes, de nombreuses forêts urbaines voient le jour à Paris, mais ce sont les espaces qui détiennent les arbres les plus robustes qui sont de véritables atouts.

Notez qu’une surface au soleil peut dépasser les 50 °C, alors qu’une surface à l’ombre des arbres est de 15 à 20 °C plus fraîche. Les arbres produisent le « phénomène d’évapotranspiration ». Par leurs racines, ils absorbent l’eau, et la relâchent sous forme de vapeur, alors l’air se refroidit naturellement, donc, plus le parc est grand, plus l’on s’y sentira bien. Si vous vivez au cœur de Paris, nous vous conseillons le bois de Boulogne ou le bois de Vincennes. À eux deux, ils couvrent 1900 hectares de verdure, ce qui ferait pâlir le jardin du Luxembourg ou les Buttes-Chaumont. Pour une comparaison plus monumentale, il s’agit de deux fois la superficie de Central Park à New York.
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Réchauffement climatique & vie parisienne
Vous l’avez compris, historiquement, Paris n’avait pas besoin de climatisation. Même si la « canicule » a toujours existé, puisqu’on recensait déjà des « coups de chaleur » au XIVe siècle. Une chose est sûre, le climat de Paris était considéré comme tempéré et relativement humide. Donc, on a longtemps investi sur l’inverse de la climatisation : le chauffage ! Comble de l’ironie, les appartements haussmanniens étaient pensés pour rester frais. De fait, ils ont des murs épais, des plafonds hauts, des cours intérieures et des volets, et à l’époque, cela servait de « climatisation » ! Malheureusement, le climat a changé : des épisodes extrêmement uniques en leur genre sont devenus monnaie courante. En plus, les nuits restent chaudes.
On ne peut ignorer les raisons économiques : la clim a un coût, parce qu’il faut l’entretenir, cela consomme de l’électricité et elle pourrait être une contrainte financière pour une copropriété. Aussi, notre culture française n’est pas du côté de la climatisation, pour des raisons tout à fait valables : l’écologie. En somme, c’est un cercle vicieux, car un moyen non écologique se fait de plus en plus indispensable, mais risque lui aussi de contribuer au réchauffement de la planète.
Sachez que la canicule de 2003 a enregistré des chaleurs semblables à celles de 2026. À l’époque, il y avait beaucoup moins de climatisation qu’aujourd’hui, et les vagues de décès ont été immenses. Alors, des mesures ont été prises… Mais elles semblent désormais dérisoires. Par ailleurs, cette canicule n’a pas lieu en plein cœur de l’été, mais lorsqu’il débute à peine ! Ce qui choque aujourd’hui, c’est donc sa précocité. Bien que des plans soient mis en place, Paris reste étouffante, et la climatisation manque encore parfois dans de nombreux endroits, dont le métro.

Photo à la une : La canicule à Paris avec plus de 40 °C ressentis