
Paul Cezanne , dit le « père de l’art moderne », n’a eu de cesse d’inspirer les avant-gardes qui lui ont succédé. Pour célébrer cette filiation, le Grand Palais va consacrer une exposition au lien existant entre sa peinture et l’oeuvre des artistes de la fin du XIXe siècle à aujourd’hui. Du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027 seront présentées près de 180 créations, dont 70 de Cezanne et 75 d’artistes contemporains.
Un moderne du XIXe siècle
Paul Gauguin, Henri Matisse, Pablo Picasso ou Joan Michell… tous se reconnaissent admirateurs de l’oeuvre de Paul Cezanne. Le peintre, né en 1839, est connu pour ses recherches plastiques autour de la couleur et de la perspective, au moyen de touches juxtaposées aux formes quasi géométriques. On l’associe généralement à ses natures mortes et ses paysages, notamment la série de toiles représentant la montagne Sainte-Victoire peinte à Aix-en-Provence.

Si son oeuvre peine durant un temps à trouver des acheteurs, sa rencontre avec le marchand de couleurs parisien Julien François Tanguy, surnommé « le père Tanguy« , change la donne. La galerie, située au 14 rue de la rue Clauzel, participe à le faire connaître et devient rapidement un haut lieu de l’impressionnisme, si bien que le marchand est aujourd’hui compté parmi les premiers collectionneurs de tableaux du mouvement moderne.
Ouvrir la voie de l’abstraction
Pour mettre en lumière l’héritage de l’oeuvre de Paul Cezanne parmi les artistes modernes et contemporains, le Grand Palais présente dès la rentrée près de 180 œuvres de l’artiste et de ses héritiers, afin de mettre en avant son travail, sa réception et ses multiples réinterprétations. Découverte dans la galerie du père Tanguy, sa peinture séduit rapidement les artistes de la fin du XIXe siècle, qui y trouvent une radicalité formelle ouvrant la voie vers l’abstraction.

Après ses ventes dans la galerie du père Tanguy, Paul Cezanne acquiert une réputation et enchaîne les expositions. Des premières monographies organisées par le marchand d’art Ambroise Vollard aux grandes manifestations muséales, le peintre disparu au tout début du XXe siècle s’impose néanmoins comme l’une des figures majeures de la modernité. Les avant-gardes s’en inspirent ainsi comme un modèle pour penser la décomposition des formes et le renouvellement du visible.
Une exposition en dialogue
Si Cezanne a déjà eu le droit à plusieurs rétrospectives autour de son oeuvre, l’exposition Cezanne et nous du Grand Palais sera le premier événement à raconter sa recherche solitaire, son influence auprès des artistes modernes et la passerelle qui se crée encore aujourd’hui avec les créations contemporaines. Le parcours, à travers une sélection de plusieurs oeuvres, questionnera l’idée de filiation, d’appropriations et soulignera plusieurs questionnements esthétiques propres à chaque époque.

Cezanne et nous
Grand Palais
9 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
Du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027
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Image à la une : Paul Cezanne, La Montagne Sainte-Victoire au grand pin, vers 1887, huile sur toile, 66.8 x 92.3 cm – © The Courtauld Institute of Art, Londres / Courtauld