Eaux Vives : une oeuvre monumentale de 60 000 gouttes de papier investit le collège des Bernardins

Élément primordial nécessaire à tous les êtres vivants, l’eau a de tout temps inspiré les poètes, scientifiques et mystiques. La plasticienne Caroline Desnoëttes en fait elle aussi le sujet de son oeuvre monumentale Eaux Vives, présentée au collège des Bernardins jusqu’au 29 novembre 2026. Cette installations, composée de 60 000 gouttes de papier, est le fruit d’une collaboration avec une océanographe, un parfumeur et un bioacousticien qui diversifient l’expérience sensorielle.

Une approche multi-sensorielle

Le collège des Bernardins accueille Eaux Vives, une installation monumentale de la plasticienne française Caroline Desnoëttes, conçue en collaboration avec un parfumeur (Sébastien Plan), une océanographe (Virginie Thierry) et un bioacousticien (Olivier Adam). L’oeuvre, un polyptyque composé de cinq bas-reliefs en papier en fibre de mûrier, est pensée dans une expérience immersive mêlant l’architecture du collège aux jeux de lumière, aux flagrances et aux sons.

Pour donner forme à son oeuvre, Caroline Desnoëttes a créé 60 000 gouttes en papier, qu’elle a teintées, pliées et façonnées à la main. Parmi les tonalités de bleu, vert, rouge ou blanc mis en scène grâce à différents dispositifs lumineux, des chants captés sous les eaux sont diffusés de temps à autre dans l’espace : il s’agit de sons émis par des cétacés pouvant se propager jusqu’à 5 000 km dans la mer. La création olfactive de Sébastien Plan, baptisée Pétrichor, évoque quant à elle l’odeur de la terre chauffée par le soleil après la pluie.

Entre art, religion et science

Au-delà de cette approche multi-sensorielle, l’intérêt de l’oeuvre de Caroline Desnoëtte repose sur la pluridisciplinarité. Loin de mettre dos à dos l’art et la science, Eaux Vives les rassemble. L’oeuvre est l’occasion de mener des réflexions sur notre rapport à l’eau et à l’environnement grâce à plusieurs cartels présentant les recherches de l’océanographe Virginie Thierry et du bioacousticien Olivier Adam incarnées par l’oeuvre.

© Collège des Bernardins

Par ailleurs, Eaux Vives fait référence aux nombreuses mentions de l’eau dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Au regard des quelques citations affichées, l’eau est à la fois présentée comme une source de vie abondante, miraculeuse, purifiante, mais aussi comme un gouffre profond, menaçant, torrentiel et destructeur. Les textes sacrés illustrent ainsi son ambivalence comme un signe divin aussi bienfaiteur que colérique.

L’eau, élément originel

Aucun être vivant ne peut se passer de l’eau. Nécessaire aux organismes, régulatrice du climat, elle adopte des formes multiples et mouvantes qui restent un mystère pour l’humain. En lui dédiant son exposition, Caroline Desnoëttes rend une fois encore hommage aux éléments naturels, comme cela s’illustre dans son choix du papier en fibre de mûrier. Le public est d’ailleurs invité à observer les pinceaux et encres utilisés, ainsi qu’à toucher les différents papiers teintés.

© Collège des Bernardins

En mêlant les lumières, les pliages, les couleurs, les sons et les odeurs, les cinq bas-reliefs d’Eaux Vives nous embarquent dans cinq thèmes autour de l’eau : Réchauffement global, Grande Colonne, Mer salée, Quatre Saisons et courant circumpolaire. Caroline Desnoëttes varie les paysages aquatiques pris entre les cieux et les abîmes, les forêts et les fonds marins, les nuées et les écumes… A l’origine de la vie, l’eau incarne ainsi le mouvement perpétuel des êtres qui se métamorphosent.

Eaux Vives
Lieu : Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy, 75005 Paris
Dates : Jusqu’au 29 novembre 2026
Horaires : Du lundi au samedi, 10h-18h. Fermé le dimanche
Tarifs : 5 € . Tarif réduit : 3 €

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Image à la une : © Collège des Bernardins

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