
Créés par l’infatigable Gilles Pudlowski, critique gastronomique et amoureux inconditionnel des bons vieux troquets, les Trophées Pudlo des Bistrots étaient de retour pour une quatrième édition haute en saveurs, en émotions… et en plats à partager entre copains. Retour sur le palmarès.
Les 9 lauréats des Trophées Pudlo 2026 :
Ils sont le pouls de nos quartiers, le refuge des moments conviviaux entre amis. En 2026, les Trophées Pudlo rendent hommage à neuf tables qui incarnent mieux que quiconque l’âme du bistrot français : des maisons authentiques, portées par des aubergistes passionnés, fiers de leur terroir et de leur rôle dans la vie locale. Tour d’horizon de ces lauréats qui nous donnent envie de pousser la porte… et de s’attabler.
1. Bistrot de l’Année « Casimir » – Paris 10ème
Nouvelle vie pour une adresse mythique à deux pas de la Gare du Nord. L’ancien repaire de Thierry Breton renaît sous l’impulsion du duo Pierre Mouquet et Eduardo Gonzalez, déjà à l’œuvre chez Bonvivant. Ici, tout est juste : ouverture continue, terrasse providentielle, cave affûtée et charme villageois intact. En cuisine, Eduardo s’amuse avec les classiques sans jamais les trahir. Vitello tonnato de cochon du Perche rôti, œufs mayo à la poutargue, pavé de veau basque sauce poivre ou bœuf Wellington parfaitement exécuté… jusqu’à une tarte chocolat à faire chavirer les plus gourmands. Casimir n’a rien perdu de son âme.

Casimir – 6 rue de Belzunce, 75010 Paris
2. Jeunes Bistrotiers « Capsule » – Paris 14ème
Ni tout à fait gastro, ni simplement rade de quartier : Capsule réussit le grand écart. Installé à la place d’une brasserie endormie, le trio Florian Woelflinger, Pierre Thomas et Mickaël Falotte a créé un bistrot contemporain et vivant, du petit-déjeuner au dernier verre. À table, la bistronomie s’emballe : ravioles de langoustine aux accents asiatiques, échine de cochon confite sauce marchand de vin, desserts ciselés dont le mythique Paris-Brest “Capsule” au praliné croustillant. Le tout à prix doux, surtout le midi. Une adresse jeune, joyeuse et déjà indispensable.

Capsule– 2 rue Cassini, 75014 Paris
3. Art de vivre & Tradition « Le Verre à Vin » – Paris 12ème
Plus qu’un bistrot, un théâtre gourmand. Près de la gare de Lyon, Christophe Chenal règne en tavernier à l’ancienne, entouré de Rémy Demulder et d’une clientèle fidèle. On s’accoude au comptoir en cuivre, on discute, on rit, on découvre une cave truffée de pépites. À l’assiette, les classiques font mouche : œuf mayo au jambon Prince de Paris, tartare fringant, saucisson chaud pistaché, millefeuille vanille à tomber. Un lieu qui réchauffe les cœurs et rassemble les générations.
Le Verre à Vin– 215 rue de Bercy, Paris 12e
4. Accueil & Convivialité « P’tit Bon » – Paris 9ème
Ils ont à peine 54 ans à deux, mais déjà tout compris. Maxence Arlettaz et Camille Spitale ont ouvert un bistrot comme on ouvre sa maison. Ici, simplicité rime avec exigence, bonne humeur avec savoir-faire. Pâté en croûte magistral, œuf mayo de compétition, bourguignon réconfortant, formule déjeuner exemplaire et, pour conclure, un chou craquelin vanille-pistache d’anthologie. Le P’tit Bon porte bien son nom.

P’tit Bon– 113 rue du Faubourg Poissonnière, 75009 Paris
5. Cheffe de l’année « Pauline Nicolas » : Phébé, Chez la Vieille – Paris 17ème
Dans ce troquet centenaire remis en lumière par Stéphane Manigold, Pauline Nicolas impose une signature d’une grande élégance. Entre tradition et modernité, elle revisite le répertoire bistrot avec finesse et intelligence. Œufs mayo à la moutarde de Meaux, hampe de bœuf sauce échalote, joue de bœuf bourguignonne d’une douceur rare… et une crème brûlée au chocolat bouleversante. Le décor 1900 sublime le propos : une cuisine sensible, juste, profondément française.

Phébé – Chez la Vieille– 190 rue de Courcelles, 75017 Paris
6. Bistrot Canaille « L’Opportun » – Paris 14ème
Un bouchon lyonnais à la sauce parisienne, tenu depuis trois décennies par la famille Alzérat. Papa Serge, “beaujolothérapeute” attitré, veille sur les verres pendant que Morgane officie en cuisine. Ici, on assume le cinquième quartier et la générosité : tablier de sapeur, tête de veau, quenelle sauce Nantua, mezzé lyonnais… jusqu’aux œufs en neige aux pralines roses. Un bistrot de copains, sincère et joyeux.
L’Opportun– 62 boulevard Edgar Quinet, 75014 Paris
7. Ouverture de l’année (ex-aequo) « La Belle Maison » – Paris 18ème
Montmartre tient son nouveau repaire. Ouverte à l’été, La Belle Maison séduit par son accueil continu, sa terrasse solaire et son intérieur chic où trône un superbe Nectoux. En cuisine, Guillaume Henry enchante les classiques : escargots sauvages, pâté en croûte, œufs mayo citronnés, tartare au couteau, steak au poivre flambé en salle et mousse au chocolat fleur de sel. Une maison neuve à l’âme ancienne.

La Belle Maison– 88 rue Lepic, 75018 Paris
8. Ouverture de l’année (ex-aequo) « Au Coin des Pucelles » – Strasbourg
Institution strasbourgeoise ressuscitée par Alexis Albrecht, ce lieu mythique retrouve sa superbe. Banquettes en bois, atmosphère 1947, esprit winstub intact. En cuisine, Anthony Girard jongle entre classiques alsaciens et cuisine bourgeoise : quenelles de brochet du Rhin sauce riesling, bouchée à la reine pur beurre, vins bien choisis et une crème caramel à la reine-des-prés inoubliable. Strasbourg peut sourire.

Au Coin des Pucelles– 12 rue des Pucelles, 67000 Strasbourg
9. Trophée de la Transmission « William Hilal & Christian Etchebest » – Paris 14ème
Une passation de flambeau exemplaire. Christian Etchebest confie sa cantine historique à William Hilal, ancien lieutenant devenu patron inspiré. L’esprit demeure, la cuisine évolue. Malices basques, produits impeccables, techniques affûtées : oreilles de cochon grillées, couteaux à la plancha, quasi de veau aux aubergines fumées, onglet sauce vin rouge et pain perdu mémorable. Une cantine en or, tournée vers l’avenir.

La Cantine du Troquet par William– 101 rue de l’Ouest, 75014 Paris
À travers ces neuf lauréats, les Trophées Pudlo 2026 rappellent une évidence : le bistrot n’est pas qu’un lieu où l’on mange, c’est un endroit où l’on vit. Et tant que ces tables existeront, nos villes continueront de battre au rythme des casseroles, des verres qui s’entrechoquent et des conversations qui s’éternisent.
À lire également : Les trophées Pudlo reviennent le 8 décembre 2025 : qui sera le roi du bistrot ?