
On a peu l’habitude de « traîner » dans le quartier de la Tour Eiffel, ayant quelques a priori sur les restaurants dits pièges à touristes. Mais cette fois-ci, le trajet en valait la chandelle, ou du moins, la pièce de viande. Pour les carnivores qui veulent se régaler sans transiger sur la qualité, Rouge Suffren est le repaire parfait. Dans un décor juste sublime, qui nous a tout de suite fait penser à l’intérieur de l’Orient-Express et à ce style élégant des années 20, le message est le suivant : on met la viande au centre de l’assiette après l’avoir travaillée avec précision. Un antre chaleureux où l’on se retrouve volontiers à deux ou autour d’une grande tablée.
Une adresse qui sort du lot près de la Tour Eiffel
Rouge Suffren coche beaucoup de cases que nous développerons plus bas : une cuisine de viandard de qualité, du vin qui s’accorde parfaitement aux plats, et un aspect refuge dans un quartier très agité. Mais ce qu’on a préféré par-dessus tout, c’est la déco, qui nous a fait voyager dans le temps. Imaginée par l’Agence BRO, elle se veut chic, nostalgique, sans être bling bling. On plonge dans un univers de velours, de bois aux teintes rouge profond et de lumière tamisée. Bref, une belle mise en bouche.

Le paradis des viandards
Vous l’aurez compris, ici, c’est la viande (mais la bonne, l’excellente) qui est à l’honneur. C’est en tout cas la direction première qu’ont voulu donner les aveyronnais passionnés Pierre-Jean Borrel et Vincent Bonnenfant au restaurant. Amis d’enfance et tous deux originaires de l’Aubrac, ils ont souhaité créer une adresse qui reste fidèle à leur région. Par conséquent, pas question d’aller chercher les produits chez n’importe quel producteur non consciencieux : chez Rouge, la viande provient d’une ferme familiale située en Aveyron, tenue par le cousin de l’un des fondateurs. On y élève la race Aubrac, réputée pour son persillé et la profondeur de son goût.

Si la carte n’est pas plus étendue et complexe que ça, côté cuisine, tout est minutieusement pensé. La cuisson, les jus et le travail du feu sont parfaitement maîtrisés par le Chef Yahya El Azaar. Après une entrée légère et délicate -Truite fumée, poireaux en vinaigrette ; crème de petits pois, œuf de caille, shiso-, les plats individuels ou à partager expriment toute la sensibilité du resto -Poire de bœuf 200g, Faux-filet maturé 250g, Milanaise de veau 1kg-. Pour les moins viandards, rassurez-vous, il y en a pour tout le monde avec des plats comme la Volaille croustillante, cœur shiitaké, mousseline de pommes de terre, ou encore l’Assiette végétarienne gourmande, légumes de saison. De notre côté, on s’est délecté d’un tartare de boeuf très tendre et un poil relevé, qui a été monté au chariot, pour un moment convivial. Et même si la viande tient la vedette, les légumes ne sont pas laissés de côté. Les produits de saison, souvent des variétés anciennes, sont travaillés avec la même attention.
Rouge
38 avenue de Suffren, 75015 Paris
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