
Nous sommes allés découvrir un village charmant, situé à 1h de Nantes, à 30 min de Tiffauges et son célèbre château de Barbe Bleue, et à 20 min de la cité-labyrinthe de Pouzauges avec ses moulins. Et ne vous fiez pas à sa taille, car le plus petit village de Vendée abrite une histoire riche et passionnante dans laquelle on peut se replonger en déambulant dans ses ruelles, et en ouvrant l’œil !
Une ancienne forteresse entre Anjou et Poitou
Dominant la Sèvre Nantaise, le village occupe depuis toujours une position stratégique. Dès le Xᵉ siècle, un château monumental dominait la vallée. Entouré de neuf tours et de puissants remparts, il veillait sur la frontière entre l’Anjou et le Poitou. Au fil des siècles, ce bastion vit défiler les vicomtes de Thouars, les chevaliers, les guerres de Cent Ans, les pillages protestants et les flammes révolutionnaires.

Tour à tour détruite pendant la guerre de Cent Ans, puis à nouveau pendant les guerres de Religion, elle sera définitivement rasée sur ordre de Richelieu au XVIIᵉ siècle. Ses pierres servirent ensuite à reconstruire le bourg, incendié pendant les guerres de Vendée. Aujourd’hui, quelques pans de remparts et chemins escarpés rappellent ce passé mouvementé, tandis que la Sèvre continue de couler tranquillement au pied du village. Certaines légendes murmurent même qu’un trésor des Templiers serait encore enfoui quelque part sous les fondations du vieux château…
Une Petite Cité de Caractère au charme inattendu
Avec à peine 17 hectares pour moins de 300 habitants, cette commune est la plus petite de Vendée, mais certainement pas la moins attachante. Blottie entre la Sèvre Nantaise et la Vouzaie, la Petite Cité de Caractère conserve un charme singulier. On y découvre des ruelles étroites bordées de murets de pierre, l’église Saint-Gilles, reconstruite à la fin du XIXᵉ siècle grâce aux dons des habitants, des fontaines anciennes, des jardins suspendus et un joli lavoir du XVIIIᵉ siècle alimenté par un ruisseau.

Un peu plus loin, le jardin Marie-Eulalie, inauguré en 2019, rend hommage aux plantes tinctoriales autrefois utilisées pour fabriquer les teintures. Et chaque été, le marché artisanal redonne vie à la tradition d’un village où le travail manuel a toujours tenu une place essentielle. En effet, privé de terres après la destruction du château, le village se tourna alors vers un autre savoir-faire : le tissage…
Le secret bien gardé des caves de Mallièvre
C’est ici, dans les caves sombres et humides des maisons de granit, que battait autrefois le cœur du village. À Mallièvre, le tissage a longtemps été l’activité principale, l’eau de la Sèvre Nantaise apportant l’humidité et l’énergie nécessaires. Dès le XVIIᵉ siècle, les habitants installèrent leur métier à tisser sous leur logement, là où l’humidité naturelle de la roche facilitait le travail du fil, et les caves devinrent de véritables ateliers.

On y tisse alors le lin, le chanvre, puis le coton ; les ouvertures sont étroites pour préserver la fraîcheur, les métiers battent dix à douze heures par jour, et les fils s’étirent à la lumière des bougies. Les toiles, une fois blanchies au bord de la rivière, partent orner les plus belles étoffes de Cholet. Au XIXᵉ siècle, l’activité bat son plein : on compte près de quatre-vingts tisserands-caviers. La révolution industrielle marqua la fin de cette époque : les tisserands quittèrent peu à peu leurs caves pour rejoindre l’usine de tissage située de l’autre côté de la Sèvre. De cette époque, il reste les maisons de tisserands aux caves voûtées, les fontaines, et le lavoir alimenté par la Vouzaie. Aujourd’hui encore, certaines de ces caves se visitent, et les maisons alignées dans les ruelles gardent la trace de cette activité qui fit la renommée du plus petit village de Vendée.
À lire également : Top 5 des meilleures activités à faire en famille ou entre amis en Vendée
Image en Une : Mallievre_Petite Cité de Caractère de Vendée © Mélina Hoffmann / Paris Zigzag
Mélina Hoffmann