L’histoire de la place Vendôme, ou comment Paris est devenue la capitale de la joaillerie

Place Vendôme © Adobe Stock

On connaissait la rue Lafayette, repère des marchands de pierres précieuses parisiens qui aurait concentré près de 300 négociants en perles fines dans l’entre-deux-guerres. Mais lorsqu’il est question de parler de pierres précieuses à Paris, un nom vient immédiatement en tête : la place Vendôme. Bien plus qu’une démonstration de l’urbanisme typiquement parisien, cette place est l’antre de savoir-faire mondialement réputés !

https://f.info.pariszigzag.com/f/p?q=n4l6TIJ-xaXwmPcVukeg0JIv3j35jY1Hp2d9b9w0MxToUZjbYmkjQJFGucEje1zlUsrplyzy9fTMEuGtw5Uuk4PoGLToiAdX7q7gCE5Ygds9xBhdFqorr2qPLhut1rdkUQO0aAGCidqra1GnWkoTHPimgWFOY7qWJPEXp_zcUbNP0UkwaMecwb0zO5uuH0rpRjwOw5fN0JrNnvIqari3wp9gPUvD1NMV1aFunX5bGC1780yCJ0nq4OqSUdUqIc4l

Une passion pour les bijoux qui ne date pas d’hier

Si la place Vendôme (1er arrondissement) est l’une des plus iconiques de Paris, ce n’est pas seulement pour sa célèbre colonne édifiée en 1810 sur ordre de Napoléon ou parce qu’il s’agit de l’une des cinq places royales de la capitale. Sa popularité vient également du prestige dégagé par les plus grands noms de la joaillerie et de l’horlogerie, qui y sont installés depuis pas mal de temps. Depuis que les joailliers y ont élu domicile à partir de la fin du XIXe siècle, la place attise les convoitises, et notamment les touristes du monde entier qui y trouvent de quoi rêver devant tout ce que symbolise l’excellence à la française. Mais comment une place parisienne est devenue un haut lieu inimitable du secteur ? Pour beaucoup, le rayonnement du savoir-vivre féminin français commence avec Agnès Sorel, célèbre maîtresse du roi Charles VII, qui lui donne plus de pouvoir et de liberté qu’aucune favorite n’en a jamais eu. Son extravagance et son style de vie provocant ne tardent pas à faire fureur à la cour, au point d’être très vite imitée par la cour française, puis européenne. C’est aussi à elle que l’on doit la robe décolletée et c’est sur elle que l’on vit le premier diamant taillé en Occident. Lors d’un tournoi, Agnès Sorel se présenta même vêtue d’une armure d’argent incrustée de pierres précieuses. Une “Fashion Week” avant l’heure ! 

Un lien fort entre les joailliers et le royaume de France

Si Paris n’est pas encore LA capitale de la joaillerie, c’est toutefois grâce à la cour royale que le secteur joaillier va se développer, avec les commandes de bijoux pour la collection des “diamants de la couronne”. C’est à François Ier que l’on doit le développement d’une collection de couronnes qui serait la propriété du pays, comme un trésor inaliénable permettant aux rois français de développer leur pouvoir économique et qui pourrait être mis en gage en cas de malheur. Cette initiative fait de François Ier le souverain d’Europe le plus riche en bijoux. Quant à la collection, qui a récemment défrayé la chronique avec l’histoire du cambriolage au Louvre, elle n’a cessé de s’accroître au fil des siècles, notamment sous le règne de Louis XIV et de Napoléon Bonaparte. Dans la réalisation de ces joyaux, le rôle des joailliers fut indispensable, ces derniers n’ayant d’autres choix que de constamment perfectionner leur savoir-faire pour offrir les meilleures pièces en termes de diversité et de qualité d’exécution. Dans le même temps, les bijoutiers français publièrent également des catalogues avec les dessins de leurs créations, diffusés dans toute l’Europe et très vite sources d’inspiration pour le monde entier. 

Une place comme capitale du luxe au cœur de Paris

Comme pour de nombreux secteurs, la rupture entre les joailliers et la monarchie intervient à un chapitre-clé : la Révolution française. Suite à cela, l’abolition des corporations en 1791, où le droit d’exercer la profession devait être accordé par le roi, vient « libérer » le métier, et donne plus d’importance aux bijoutiers s’étant déjà fait un nom. Au XIXe siècle, les expositions universelles de Paris, en 1855 et 1867, sont bénéfiques pour l’image de la ville et attirent une clientèle étrangère fortunée qui séjourne souvent au Ritz, situé place Vendôme. Pour être au plus proche des industriels millionnaires, les joailliers quittent progressivement le Palais Royal pour s’installer place Vendôme, qui devient très vite le centre de la haute joaillerie. Frédéric Boucheron est le premier à s’y installer en 1893, suivi par d’autres joailliers et artisans d’art comme Alfred et Louis Cartier en 1898, Joseph Chaumet en 1902, Mauboussin et Alfred Van Cleef en 1984. En plus de la joaillerie, la place Vendôme devient également le haut-lieu de l’horlogerie, avec l’installation de grands noms tels que Piaget en 1991, Patek Philippe, Chopard, Breguet ou encore Rolex. Et que serait Paris sans ses grandes maisons de mode, comme Chanel, Dior et Louis Vuitton. Mythifiée, grâce notamment aux campagnes exceptionnelles ou au cinéma, la place Vendôme est donc l’une des plus importantes vitrines de Paris, cette fameuse « marque France » qui ne cesse de fasciner le reste du monde, et ce depuis des siècles. 

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Christophe PUECHAVIC (@petch77)

 

À lire également : Entre Mers et Fleuves, l’histoire des deux fontaines de la place de la Concorde

Image à la une : Place Vendôme © Adobe Stock

https://f.info.pariszigzag.com/f/p?q=n4l6TIJ-xaXwmPcVukeg0JIv3j35jY1Hp2d9b9w0MxToUZjbYmkjQJFGucEje1zlUsrplyzy9fTMEuGtw5Uuk4PoGLToiAdX7q7gCE5Ygds9xBhdFqorr2qPLhut1rdkUQO0aAGCidqra1GnWkoTHPimgWFOY7qWJPEXp_zcUbNP0UkwaMecwb0zO5uuH0rpRjwOw5fN0JrNnvIqari3wp9gPUvD1NMV1aFunX5bGC1780yCJ0nq4OqSUdUqIc4l