Savez-vous dans quel parc parisien a été inventé le vélo il y a 200 ans ?

Paris à vélo © AdobeStock

On a longtemps raconté que le premier vélo avait été inventé par un Français, le comte de Sivrac, en 1790, sous le nom de célérifère. Si l’on sait aujourd’hui qu’il s’agissait en fait d’un canular, c’est bel et bien en France, et plus précisément à Paris, que ce moyen de transport a connu ses premiers coups de pédale.

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Du carrosse 4 chevaux aux deux-roues

À l’origine, le vélo est un moyen de transport excentrique réservé à la bourgeoisie et aux sportifs. Très prisé au début du XIXe siècle, l’ancêtre du vélo s’appelle à cette époque la draisienne. Un nom que l’on doit à son inventeur, le baron et inventeur Karl Drais. Celui-ci réfléchit depuis des années à une alternative plus légère à la calèche à chevaux. Il conçoit alors un engin avec deux roues sur le même axe, qui se manœuvre avec l’impulsion des pieds. En pleine Révolution industrielle, à une époque où l’on cherche à alléger les modes de transport comme le carrosse qui pèse près de 3 tonnes et demande 2 à 4 chevaux pour le tirer, l’idée du baron fait donc sens. Désireux de prouver la supériorité de son engin sur le cheval, le baron relie deux villes distantes de 14 km  en seulement 1h. Et en 1818, la “draisienne” est brevetée en France. “Le vélocipède est une machine inventée dans la vue de faire marcher une personne avec une grande vitesse, en rendant sa marche très légère et peu fatigante par l’effet du siège qui supporte le poids du corps qui est fixé sur deux roues qui cèdent avec facilité au mouvement des pieds”, peut-on lire sur un brevet datant du 17 février 1818. Une invention qui a même droit à sa présentation au Jardin du Luxembourg, le 5 avril de la même année, devant des milliers de curieux. L’objet en question n’est alors composé que d’un cadre en bois, de deux roues et d’un coussin sur lequel on s’assoit pour courir à califourchon, le tout pour une vitesse de pointe de 15km/h. Si l’engin séduit, il se révèle peu maniable, fatigue les jambes et pèse une trentaine de kilos, ce qui explique pourquoi il tombe vite en désuétude. 

Couse de Vélocipèdes, Jardin du Luxembourg
Couse de Vélocipèdes, Jardin du Luxembourg

Un loisir devenu attraction

Incroyable mais vrai, il faut attendre plus de 40 ans pour que le deux-roues refasse parler de lui… et ce un peu par hasard. Une draisienne cassée est en effet déposée dans l’atelier de Pierre Michaux, un charron parisien, qui a l’idée d’ajouter deux pédales à la roue avant. Pour la première fois, c’est le mouvement des jambes qui transmet la rotation aux roues. Dès 1865, la michaudine est produite par centaines dans une usine. Problème, la paternité de cette innovation est également revendiquée par un autre français, Pierre Lallement, qui aurait eu la même idée au même moment. Et le 8 décembre 1867, près de 50 ans après la démonstration du baron Karl Drais, se tient la première course cycliste du monde. Sous un temps glacial, 150 “vélocipédistes”, parmi lesquels des aristocrates, journalistes, artistes ou encore députés, partent du rond-point des Champs-Élysées pour parcourir 17 km jusqu’à Versailles, via Boulogne, Sèvres, Chaville et Viroflay. Le vainqueur mettra un peu moins d’une heure jusqu’à l’arrivée. Une popularisation qui atteint son paroxysme en 1900, lorsque Paris accueille les prestigieux Jeux Olympiques. Le bois de Vincennes abrite alors l’un des lieux les plus illustres du sport français : la Cipale, le seul vélodrome au monde à avoir accueilli deux fois les Jeux (1900 et 1924). Bordé de tribunes conçues par Gustave Eiffel, plus tard rebaptisé vélodrome Jacques-Anquetil, le site a bénéficié de travaux de rénovation en 2012 et est aujourd’hui partagé entre clubs de cyclistes et pensionnaires de l’Insep.

 

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Paris est officiellement la capitale du vélo

Véritable loisir pour les classes sociales les plus aisées, qui s’entraînent dans des manèges puis dans des parcs, ce n’est que plus tard, et notamment après la Première Guerre mondiale, que le vélo se démocratise. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les photos de Paris avec plus de vélos que de voitures, du fait du manque de carburant, restent parmi les plus marquantes de cette période. Durant les Trente Glorieuses, la France entière prend l’habitude au mois de juillet d’avoir les yeux rivés sur les “forçats de la route”, un surnom qui désigne les coureurs du Tour de France. Le 20 juillet 1975, un million de spectateurs découvrent le spectacle des coureurs du Tour de France lancés à près de 70 km/h sur les pavés des Champs-Élysées. Une grande première puisque la Grande boucle arrivait jusque-là au Parc des Princes ou à La Cipale. Depuis, les Parisiens ont fait connaissance avec le Vélib et des politiques plus en faveur des mobilités douces. Vélib’ comptera même jusqu’à 17 000 vélos dans Paris et s’étendra dans une trentaine de communes de la petite couronne au fil des ans. Un lien fort entre Paris, ses habitants et le vélo, qui a notamment conduit jusqu’à la consécration en octobre dernier : le titre convoité de capitale européenne du vélo, selon le classement publié par DFDS et relayé par Time Out. Avec un score global de 80,1, la capitale française devance des villes comme Munich (78,9) et Helsinki (77,6) dans une compétition qui mesure les infrastructures, le climat, la densité et l’intérêt en ligne pour le cyclisme. Aujourd’hui, la capitale affiche plus de 1 000 km de pistes cyclables couvrant presque tous ses quartiers, tout en offrant la possibilité de rouler dans parcs et jardins pour des escapades à vélo plus paisibles. Avec des monuments à (presque) chaque coin de rue, utiliser le vélo est également devenu une façon rapide, agréable et sécurisée de découvrir Paris.

 

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Image à la une : Vélo Paris © Adobe Stock

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