Le Palais Rose : une copie du Grand Trianon existait autrefois sur l’avenue Foch à Paris


Dans le 16e arrondissement de Paris, l’avenue Foch était autrefois habitée par un immense hôtel particulier, le Palais Rose. Appartenant à un couple mondain de la Belle Époque, cette demeure accueillait au début du XXe siècle de nombreuses soirées où se retrouvait le Tout-Paris. Véritable copie architecturale du Grand Trianon de Versailles, cet édifice a finalement été démoli en 1969.

Le deuxième Grand Trianon

C’est l’histoire d’un ancien palais parisien de l’avenue Foch qui, pour le promeneur, semble avoir disparu sans laisser de trace. Pourtant, ledit « Palais Rose » était un grand hôtel particulier qui ne passait pas inaperçu, au numéro 50 de la voie. Édifié entre 1896 et 1902, il était à l’origine la demeure du comte Boniface de Castellane et de la comtesse Anna Gould, deux personnalités mondaines de la Belle Époque. Très entouré, le couple y organise de nombreuses soirées avec le Tout-Paris dès le début du XXe siècle.

Le Palais Rose. DR

Lorsqu’ils passent commande à l’architecte Ernest Sanson, les propriétaires demandent à ce que la demeure soit inspirée de l’architecture du Grand Trianon, un château édifié dès 1687 pour Louis XIV par l’architecte Jules Hardouin-Mansart, à quelques pas de celui de Versailles. Sa façade reprend alors la même structure, avec des pilastres de marbre rose (d’où le palais tire son nom) et une balustrade dissimulant les toitures, tandis que les jardins à la française pensés par le paysagiste Achille Duchêne s’inspirent du style du Grand Siècle.

Une architecture somptueuse

Plusieurs archives permettent de traverser en pensée les différents espaces du Palais Rose. Le visiteur entrait tout d’abord par l’avenue de Malakoff, passait la cour d’honneur jusqu’à un vestibule décoré de marbres polychromes. Il y trouvait un escalier d’honneur à la taille démesurée, ayant lui-même été inspiré par l’escalier des Ambassadeurs du château de Versailles. À l’étage, la salle à manger imitait quant à elle le Pavillon français du Grand Trianon, étant agrémentée d’un jardin d’hiver et d’un petit théâtre.

Le Palais Rose. DR

La demeure abritait un ensemble d’oeuvres d’art, dont la fresque du grand escalier représentant Les Cinq Continents d’après Charles Le Brun, ainsi que des sculptures de Jean-Paul Aubé ou de Felz. Concernant les marbres de la façade, ceux-ci étaient régulièrement restaurés, voire reproduits à plusieurs reprises pour paraître toujours neufs : le couple a d’ailleurs fini par commander un trompe-l’œil en faux marbre afin d’obtenir l’effet escompté.

Le Palais Rose. DR

La démolition actée

Pourquoi alors avoir détruit un tel édifice ? La séparation du couple en 1906 marque le début d’une période d’hésitation concernant l’avenir du Palais Rose. Malgré plusieurs demandes de classement au titre des monuments historiques, le projet n’est jamais concrétisé. Dans un XXe siècle en pleine célébration de la modernité, cette copie du Grand Trianon ne semble plus vraiment émouvoir, étant reléguée à un temps révolu. Un désintérêt qui s’observe même chez les héritiers, suggérant à la Ville de Paris de le faire démolir pour construire un immeuble de luxe sur son terrain. À l’année 1969, le mobilier et les oeuvres de l’hôtel sont finalement répartis entre les successions et les ventes aux enchères, avant que l’édifice ne soit détruit dans son entièreté.

Le Palais Rose. DR

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Image à la une : Le Palais Rose. DR

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